‹ Madame de TencinChapitre 130 sur 200 · ISG MADAME DE TENCIN · texte numérisé non relu

ISG MADAME DE TENCIN

Genhe ; et ce g-ynécolog-ue est un des fondateurs de la critique biblique *. — Duclos, le plus jeune des Sept Suf/es, en est alors le moins illustre. Ce breton de ving-tneuf ans n'avait encore rien publié, mais il avait dans les salons une telle réputation d'esprit, et même de savoir, que l'Académie des Inscriptions l'admettra en 1739, sans lui demander d'autres preuves de son talent ; il les donnera plus tard, et copieusement, par son Histoire de Louis XI, ses Remarques sur la grammaire^ son Mémoire sur les langues celtique et française. Libertin, cynique, affectant volontiers une certaine brutalité de parole, observateur avisé des mœurs contemporaines, trouvant toujours, sans le chercher, le mot juste et court, qui caractérise une situation ou qui ridiculise un" homme, on pourrait le croire un frère cadet de Voltaire, si sa rudesse, sa droiture, un sentiment très vif de son indépendance et de sa dignité d'homme de lettres, n'en faisaient une personnalité plus franche et moins compliquée.

Tels étaient les Sept Sages qui entouraient Mme de Tencin. Tous, académiciens ou en passe de l'être, éminents chacun dans leur art, ayant le g"Oùt du travail et de la recherche, ils formaient autour d'elle comme une cour sérieuse, point frivole et presque g-rave. Dans ce « respectable sénat ^ », elle mettait sa coquetterie à

1. Mme de Tencin à Richelieu, lettre du 28 août 1743 [2], 160; cf. dans cette même Correspondance, p. 10, 46, 05, 284, 296-7, etc. Sur la place des Conjectures dans « l'arsenal dos bons incrédules », cf. une intéressante lettre de Michel Servan à Voltaire, du 7 avril 1766, publiée par G. Lanson {Revue d'Histoire lil/éraire de la France, avril-juin 1908, p. 315-6).

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