‹ Madame de TencinChapitre 132 sur 200 · Cf. Marivaux, La Vie de Marianne · texte numérisé non relu

Cf. Marivaux, La Vie de Marianne

Geodrin a de l'espril, disait Mme de Tencin,.,. elle méprise Maurepas, et voudrait lui tordre le cou » '. 11 y avait là de quoi fonder une amitié sur cette haine commune. Ce fut, sinon une amitié, du moins une alliance, et comme un traité tacite : Mme de Tencin utilisait les relations et le crédit de cette riche bourgeoise, mais elle en faisait ouvertement son élève, et lui apprenait l'art de diriger les hommes ^ : « Savezvous ce que la Geoiïrin vient faire ici, disait-elle parfois à ses convives ? Elle vient voir ce qu'elle pourra recueillir de mon inventaire ^ ». C'était donc entre les deux femmes une cordialité sans illusion, sans déception aussi, puisque chacune y trouvait son compte. Quand on annoncera à FontencUe la mort de Mme de Tencin, il se contentera de répondre avec son indifférente tranquillité : « Eh bien ! je dînerai désormais le mardi chez Mme Geoffrin » * ; et le diamant, qu'il comptait laisser à Mme de Tencin comme souvenir de leur amitié, il le réservera maintenant à sa nouvelle hôtesse ^ Mme de Tencin avait deviné juste : la Geoffrin avait capté sa « succession ».

Si docte que fut ce salon, il ne faudrait point croire qu'il eût été accaparé par une coterie de pédants. Mme de Tencin avait connu elle-même une vie trop diverse et trop souple, pour faire de sa maison un asile étroit, et n'hospitaliser que la science ou la litté-

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