Lettre du 20 août 1742 [90 bis
2. Réponse de Chestei'field à la lettre de Mme de Tencin du 22 octobre 1742 [90 bis\ 45.
3. Lettre du 4 janvier 1749 [98 bis], 307 ; cf. encore id., i" 309 v», la lettre du 18 janvier 1749.
môme adressait à Grartier quelques mois plus tôt: « Je me rends justice, lui disait-elle, je sais aussi la rendre aux autres; jugez par là, Monsieur, de l'estime que vous m'avez inspirée, et du désir que j'ai d'avoir quel- (jue part dans l'honneur de votre souvenir»,. Et elle ajoutait, aj)rès quelques mots aimables à l'adresse de Jalabert, qui était à la fois l'élève de Cramer et son ami : « Vous êtes tous deux bien dignes d'être amis l'un de l'autre. Heureux ceux à qui vous trouveriez assez de mérite, pour être admis dans une société où le cœur et l'esprit trouveraient également leur compte »' . Il n'y a rien qui fasse plus d'honneur à l'intellig-ence de Mme de Tencin, que celte lettre presque tendre, où l'on voit une vieille femme s'incliner avec affection, je dirais même avec respect, devant deux jeunes savants. A elle aussi, on lui « rendait justice »; et, de toute l'Europe littéraire, les hommag-es et les adorateurs lui venaient. Son grand ami, Benoit XIV, conduisait le chœur. Cet excellent humaniste, le plus érudit peutêtre de tous les docteurs en droit canon, avait quelques menues faiblesses. Il tenait à sa réputation de lettré ; et quand Voltaire croira lui jouer un bon tour en lui dédiant Mdhomel, ce pape italien sera plus spirituel que le candidat à l'Académie française : il lui répondra en confrère, par des citations de Virgile et des discussions prosodiques. Grâce à « son bon et ancien ami, le cher cardinal de Tencin » 2, il était entré en relations é[)istolaires avec sa sœur. Entre la nonne défroquée et