‹ Madame de TencinChapitre 137 sur 200 · MADAME DE TEN'CIN · texte numérisé non relu

MADAME DE TEN'CIN

le Saint- Père, les lettres allaient et venaient, très respectueusement amicales d'un côté, très flatteuses et très insinuantes de l'autre, car le salon Tencin n'offraitil pas à la gloire littéraire du pontife un asile privilégié? Ne pouvant assister personnellement à ces réunions de bel esprit, qui excitaient ses convoitises, il s'y faisait représenter par son portrait, qu'il offrait lui-même à la présidente, en 1742, à l'occasion de l'année nouvelle. Mme de Tencin le remerciait avec une familiarité très habile, qui devait ravir cet homme de lettres exilé sur le Saint-Sièg'e : <> Je prends la liberté, lui écrivaitelle, de vous dépouiller de tout ce qui vous est étranger, pour admirer les rares qualités et les hautes vertus qui vous sont personnelles. Avant que votre nom pût être mis au nombre de ceux qui ont illustré la tiare, vous teniez le premier rang- parmi les savants les plus illustres ' )). Rien ne pouvait flatter plus adroitement le pontife que le rappel de ces souvenirs. C'est comme « savant » et homme de goût qu'il voulait être apprécié par ces « savants » et ces g-ens de g-oût : « Si Mme de Tencin et ses virtuoses veulent avoir un peu de patience, écrivait-il au cardinal, ils auront nos ouvrages d'une édition ég-ale aux plus belles de Paris, avec plusieurs additions considérables. Nous en enverrions bien la première édition, mais en vérité nous en aurions honte. S'ils le veulent pourtant, nous l'enverrons telle qu'elle est ; mais s'ils la lisent, ils ne voudront plus lire la seconde; et cela nous ferait de la peine^ ». Les « virtuoses » exprimaient leur reconnaissance et

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