Lettre du •È'ô décembre 1742 [90], 790. f'" 221 v
LE PnEMlER « ROYAUME DE LA RUE S^-HOXORÉ ». 197
leur estime par de petits cadeaux, qui s'adressaient moins au pape qu a Tamatcur d'esprit français : tous les ans, Mme de Tencin lui envoyait les almanaehs «le Paris, pour rendre plus familière à son imag"ination cette société parisienne, qui lui était devenue comme une patrie adoptive. Si les almanaehs tardaient de quelques jours, c'était aussitôt des plaintes, qu'il tâchait de faire badines, pour « s'égayer un peu », et se dérober quelques instants aux tristesses de l'Ég-lise : « Voici une lettre pour Mme de Tencin, écrivait-il en janvier 1744 au frère de sa correspondante et pourvoyeuse d'almanachs. Le cardinal Grescenzi nous a souvent parlé d'elle avec de grands éloges; nous n'avons pas eu peu de mérite à l'écouter patiemment, et même à le seconder, étant de très mauvaise humeur contre Mme de Tencin, de ce qu'elle ne- nous a point envoyé de petits almanaehs, comme elle l'avait fait les années passées' ». Mme de Tencin n'avait garde d'y manquer^ : l'amitié du Saint-Père lui était trop précieuse; la reine de salon n'oubliait pas qu'elle dirigeait aussi une politique, que le pape devait y jouer son rôle, et que la bienveillance pontiticale pouvait n'être point inutile à ses protégés : « Votre Éminence, écrivait un jour Benoît XIV au cardinal, trouvera ci-joint notre réponse à une lettre de Mme de Tencin. Elle nous avait écrit, pour nous prier d'accorder quelque diminution sur les bulles d'une abbaye, que le Roi a donnée à l'abbé de Boulainvilliers,