‹ Madame de TencinChapitre 139 sur 200 · Lettre (lu 17 janvier 1744 [OO], 7!)6, f · texte numérisé non relu

Lettre (lu 17 janvier 1744 [OO], 7!)6, f

2. Cf. la lettre de Benoît XIV à Tencin du 1" février 1744 [90J, 7%, f^ 10 : « Nous avons reçu les petits almanaehs, et nous en reujercions ».

parent de M. TÉvêque de Verdun. Nous l'avions déjà accordée, avant que le bailli de Tencin nous eût remis sa lettre, et sur ce que le prieur Boug-et nous avait dit qu'elle devait nous en écrire. Mme de Tencin nous priait de ne vous point parler de sa demande. Votre Eminence voudra donc bien lui remettre notre lettre, sans paraître instruite du contenu. Si notre lettre est lue dans l'assemblée de ses beaux esprits, nous nous flattons qu'elle y recevra le même accueil que les précédentes'». Mme de Tencin avait écrit au pape; c'est le bel esprit qui répondait.

Tous ces étrang-ers, qui tournaient les yeux vers la maison de la rue Saint-Honoré, depuis Benoît XIV jusqu'aux professeurs de l'Académie de Genève, étaient « français par rég-énération », suivant le mot charmant de lord Chesterfield. A cette « régénération » de l'Europe par la littérature et le g-oût de Paris, Mme de Tencin est l'une des femmes du xviii^ siècle qui ont le plus efficacement travaillé. Son salon est notre premier salon cosmopolite ; mais le cosmopolitisme s'y établit dans la suprématie de l'esprit français, acceptée et reconnue par tous. Si, comme elle aimait le répéter, Paris est alors « le salon de l'Europe ))'^ son salon n'y serait-il pas pour quelque chose?

Les contemporains ont souvent décrit ce « délicieux temple du goût »'; mais leurs descriptions ne concordent pas toujours. Le salon qu'a vu Marmontel n'est pas celui que Marivaux a évoqué si amoureusement

Page 1