‹ Madame de TencinChapitre 15 sur 200 · Cf. Eugène Asse, Notice sur Mlle Aïssé · texte numérisé non relu

Cf. Eugène Asse, Notice sur Mlle Aïssé

2. « She lias a sistcr that is run away from a nunnery, and now pleading thc causes of her renunciation » [42 AJ, VII, 32.

3. Bolingbrokc à Prior, lettre du 8 septembre 1713 [42 A], Vil, 4'JI : « You are so taken up with modem ladios, fhat yoii Corgel old autliors ».

multiples influences, le rajeunirent sans peine pour Mme de Tencin ; et « la nonne défroquée » supplanta ^ la fille aux cheveux châtains », fille anonyme, qui égayait alors les loisirs parisiens du diplomate-poète'. On lui demanda des compensations : il lui fallut travaillei' aux affaires de la famille. Le Roi avait nommé Tabbé de Tencin à l'Abbaye d'Abondance, mais il lui manquait la confirmation du duc de Savoie. Bolingbroke déjà sollicité par Mme de Ferriol, avait obtenu la promesse du duc^. Prier dut venir à la rescousse: K 11 faut encore que j'écrive, avoue-t-il à son ami, et il faut que ce frère, qui ne me paraît pas valoir la corde, soit établi dans son Abbaye d'Abondance^ ».

Il y avait aussi pour ces hommes g-raves des négociations moins frivoles. Bolingbroke, qui avait à Paris quelques chères amitiés féminines, les ravivait par de menus cadeaux. Des caisses de vin d'Espagne, d'eau de miel, d'eau des Barbades arrivaient à Prier, qui devait les répartir avec tact entre les dames de Torcy, de Croissy, de Noailles, de Ferriol et autres. C'était de très délicates opérations: «Je vous proteste, écrivait Boling-broke à Prier, que j'ai contribué à faire le partage de l'Kurope sans être aussi embarrassé que je le serais, s'il fallait que je fisse la répartition de cette car-

1. Bolingbroke à sir Thomas Hanmer, lettre de janvier 1713 [42 A|, Vil, Ki!) : « We hear mucli of a certain elope<i nun, who lias supplanlcd llie nut-brown uiaid ».

2. Lettre à Mme de Ferriol du 11 novembre 1712 [42 A], VII, 94. ?>. Lellre du 17 octobre 1712, Id. 'J7 : « I must write. and tins

liri)tlier (not worth han^ing, I fancy, aller ail) trtust be established in his Abbaye de l'Abondance »; cf. Gallia Christuina, t. XVI, Paris, Didot, 18(1:], p. 479.

gaison »> '. Prior le faisait en homme impartial et prudent; mais on suspectait son honnêteté: « Mathieu est fripon naturellement, disait la duchesse de Noailles, il en a bien la mine. Pardi ! il a volé la moitié de mon eau de miel et l'a donnée à sa religieuse défroquée ^ »

Cette « relig'icuse défroquée » faisait mieux que de voler à ces dames « la moitié de leur eau de miel » ; elle leur volait Boling-broke. Quand, à l'avènement de Georges P'', le noble lord revint à Paris, il fut un de ceux qui la traitèrent le plus vite et le plus g-alamment en sécularisée. Bientôt, il la nomma »< sa reine » avec le plus amoureux respect : « Ayez, je vous supplie, la bonté, écrivait-il à Mme de Ferriol, de l'assurer que dans tous ses états, elle n'a pas un sujet plus fidèle ou plus dévoué que je le suis m^. Et « fidèle » il lui resta à la barbe du Rég-ent*.

Elle, cependant, qui ne se piquait point de constance,

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