Piron, A Mme de Tencin, en lui envoyant une chaise percée
[85 A], Vlll, 47.
beaux-esprits » non plus. Aucun d'eux n'était syml»athique à Voltaire : De Boze, qui jug-eait toute chose par rapport aux Académies dont il était membre, avait « déclaré que l'auteur de Bnitus et de Zaïre ne pouvait jamais devenir un sujet académique' » ; Mairan lui g-ardait rancune d'avoir aidé Mme du Chàtelet dans leur dispute sur la théorie leibnizienne des forces; Piron ne se lassait point de le persifler ou de le parodier, surtout chez Mme de Tencin^; entre Montesquieu et lui, malgré l'apparence correcte des relations, il y avait animosité sourde : Montesquieu mépi isait un peu Voltaire, qui le jalousait beaucoup ; Marivaux, qui s'attendrissait volontiers sur la morale chrétienne, avait médité une réfutation des Lettres philosophi(/ues, et nul ne savait railler Voltaire avec une méchanceté si candide^. Les esprits les moins dévots, comme Duclos, évitaient tout scandale de parole chez la sœur d'un cardinal. Certes, ni Astruc, ni Mirabaud, ni le jeune Helvétius, qui publieront plus lai'd, plus ou moins discrètement, leurs libres réflexions sur la Bible, sur l'àme humaine, sur la vie sociale, ne peuvent faire figure de penseurs catholiques; mais qu'importe, s'ils ^ ardaient le sentiment des convenances ecclésiastiques,
1. Voltaire, Commentaire historique sur tes œuvres de l'auteur de « La Henriade » [70], I, 7G.
2. Cf. une parodie de Zaïre, dans la Lettre du Grand Magot à Mme de Tencin [8a B], 223 ; cf. encore, A Mme de Tencin, en lui envoyant une boîte à quadrille [85 A], VIII, 48 :
Pour écrire l'histoire, en vain Clio forme un sage écrivain :
Momus nous présente Voltaire.