‹ Madame de TencinChapitre 161 sur 200 · etc · texte numérisé non relu

etc

et croit qu'un bon mot ou qu'une épigramme ridicule vaut mieux qu'un plan de guerre ou de pacification. Dieu veuille qu'il ne reste plus longtemps en place pour nos intérêts et ceux de la France » ' !

Sa tendresse pour Richelieu la soulag-e de sa haine du Maurepas. On croirait que, dans cette amitié, c'est le cœur surtout qui a des exigences et trouve des satisfactions: « J'admire, lui dit-elle, l'impression que font sur vous les qualités du cœur et de l'esprit; à vous dire le vrai, je n'en suis pas fâchée. Comme je possède les premières au souverain degré, et que je ne suis pas tout à fait dépourvue des secondes, me voilà bien assurée que vous m'aimerez toujours » (41). Et elle lui étale toutes les qualités de son cœur. Il semble que ce cœur soit assoiffé d'affectioti: w Aimez-moi, suppliet-elle,... aimez-moi autant que je vous aime; non, c'est assez de la moitié; vous m'aimeriez encore plus que tout ce que vous aimez « (138, 307). Quel frisson d'ang-oisse, quand elle sait la bataille imminente et le péril de son ami 1 « Je suis ag-itée par deux sentiments contraires, lui écrit-elle, je voudrais qu'on se battît, et je le crains à mort,... je suis dans la plus affreuse inquiétude...; c'est dans ces occasions qu'on voudrait avoir ci'édit au ciel » (65, 100-1). Qui me dira si Mme l'abbesse du Trésor, sœur de Richelieu, était belle ou « laide en perfection »? Mais, quand Mme de Tencin la reçoit à dîner, elle ne la regarde certes pas avec les mêmes yeux que la Flavacourt ou la Rohan : « Je ne sais si le charme que vous répandez sur tout ce qui vous appar-

Page 1