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Lettre du l" août

236 MADAME DE TEXCIN.

en a la fièvre, et pas seulement par métaphore : « Je ne suis pas assez forte, avoue-t-elle, pour soutenir des inquiétudes aussi violentes » (90, 255). Quand elle écrit: « Ce M. de Rennes me tracasse furieusement l'esprit » (100), ou: « Je meurs d'impatience de savoir le parti que prendra le Roi » (189), ou encore: « Je meurs de peur que mon frère ne prenne à gauche » (137), on sent que toute sa vie, toutes ses énergies physiques sont eng-ag-ées dans cette chasse. Elle est lancée d'un mouvement si irrésistible, qu'elle en oublie parfois toutes ses habiletés, et qu'il lui arrive de lâcher quelque aveu trop ing-énu, comme ce cri si spontané et si douloureux, quand elle apprend que Mme de la Tournelle se livre imprudemment à une amie peu sûre: « Mon Dieu, je l'avais fait prier de n'avoir d'autre confidente que moi » (23) ! « N'oubliez pas, dit-elle encore à Richelieu, qu'il faut que mon frère obtieiine quelque chose et qu'il est temps plus que jamais. Il faut un département à un homme qui a envie de bien faire, et qui veut servir ses amis » '.

Ce sont là ses seules naïvetés. Pour le reste, elle a une maturité d'expérience et un sens positif, qui l'ont purgée de toute humeur sentimentale. Ancienne maîtresse de Richelieu, comme bien d'autres laissée de côté, elle a acceplé sans espoir de retour l'amitié qu'on lui offrait; maintenant, déjà vieille, d'une plume détachée et comme amusée, elle raconte à son amant d'autrefois les faits et gestes de « ses petites dames », de « sa défunte poule », de « sa petite marchande de la

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