‹ Madame de TencinChapitre 168 sur 200 · L.'Ure (lu 24 juillet · texte numérisé non relu

L.'Ure (lu 24 juillet

savoir rien. C'est un beau sang--froid ; je n'en aurai jamais tant'.... Il met les choses les plus importantes, pour ainsi dire, à croix ou à pile dans son conseil... On voit qu'il y va pour la forme, comme il fait tout le reste, et qu'il en sort, comme soulag'é d'un fardeau qu'il est las de porter... On croirait qu'il a été élevé à croire, que, quand il a nommé un ministre, toute sa besog-ne de roi est faite, et qu'il ne doit plus se mêler de rien. C'est à celui qu'on lui a désig-né de tout faire ; cela ne doit plus le reg-arder, c'est l'affaire de celui qui est en place. Voilà pourquoi les Maurepas, les d'Arg-enson, sont plus maîtres que lui. Je ne puis mieux le comparer dans son conseil qu'à M. votre fils, qui se dépêche de fa'rc son thème pour en être plus tôt quitte... Encore une fois je sens malg-ré moi un fonds de mépris pour celui qui laisse tout aller selon la volonté de chacun ». Mais elle ajoute aussitôt, en femme qui sait utiliser les pires situations, et qui n'oublie pas ses convoitises : « Il a besoin d'être g-ouverné. Le poids des rênes de l'État est trop pesant pour lui ; et, puisqu'il sera toujours de nécessité qu'il les confie à quelqu'un, j'aurais mieux aimé que ce fût à mon frère. Cela eût été également plus utile pour vous : nous ne tenons à rien, et vous auriez eu sur nous toute rinduence que l'amitié peut donner »^.

Le bout de l'oreille se montre ici imprudemment; et ce petit retour sur soi, presque touchant à force d'ing-énuité, jette pourtant quelque discrédit sur ces considérations de haute politique. Mais, quand bien même le

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