‹ Madame de TencinChapitre 169 sur 200 · Lettres des 2ijuin et 24 juillet · texte numérisé non relu

Lettres des 2ijuin et 24 juillet

2. Lettres des l" août et 30 septembre 1743 [4], 421-3, 430-2.

cardinal ne serait candidat à aucun ministère, le tempérament viril de cette femme soufîrirait de la lâcheté royale; el c'est un cri de révolte désintéressée que cette protestation : u Je ne conçois pas qu'un homme puisse vouloir être nul quand il peut être quelque chose »'. Aussi, malg-ré les froideurs de la Ghâteauroux, qui affecte de les tenir à distance, elle et son frère, et se rallie de mauvaise g-ràce à leurs projets, elle ne peut lui refuser une sympathie admirative, parce qu'elle sent en la favorite une volonté qui s'impose et qui ne « veut point être g-ouvernée » (34) : « C'est une femme qui annonce de l'énergie, dit-elle; sa conduite marque de la fermeté » (177); elle saura « tirer le Roi de son engourdissement » ^. Elle l'en tire, en effet, pour quelques semaines; et Mme de Tencinen est fort aise, et pour son parti et pour la beauté de la chose : « Elle est enfin parvenue à donner une volonté au Roi, ce n'est point un petit ouvrage ». Grâce à sa maîtresse, on verra donc le Maître « à la tète de ses armées » : « Ce n'est pas qu'entre nous, fait-elle observer, il soit en état de commander une compagnie de grenadiers, mais sa présence fera beaucoup : le peuple aime son Roi par habitude, et il sera enchanté de luiVoir faire une démarche, qui lui aura été soufflée. Ses troupes feront mieux leur devoir, et les généraux n'oseront manquer si ouvertement au leur.. . Un roi, quel qu'il soit, est pour les soldats et le peuple ce qu'était l'Arche d'Alliance pour les Hébreux : sa présence seule annonce des succès »'.

Page 1