‹ Madame de TencinChapitre 170 sur 200 · Ul., ici · texte numérisé non relu

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3. Lettres des 24 juillet 1743 et 20 mars 1744 [4]. 418-9, 443.

Ici, comme dans ses romans, comme dans son salon, la réflexion s'achève en « maxime ». Mais les formules y sont presque toujours moins abstraites, moins intellectuelles que dans les romans, parce que l'image y vivifie et colore la pensée ' : « On ne passe pas d'acte devant notaire pour faire une friponnerie » (351). — (' L'esprit prend toutes sortes de formes excepté la g-aîté » (280). — « Il n'y a rien qui aug-menle tant le crédit que l'opinion que le public prend qu'on en a beaucoup » (384). — « On dit bien quand le cœur conduit l'esprit » (342). — « Les fietites choses préparent les voies >> (187). — « Quand on n'a pas le choix des instruments, il faut se servir de ceux qu'on a » (184). « Je ne conçois pas qu'un homme puisse vouloir être nul quand il peut être quelque chose "^ ». — « Tout sert en ménage, quand on a en soi de quoi mettre les outils en œuvre » (230). — « On gag-ne de mauvaises parties, on n'en g'ag'ne jamais d'abandonnées » (127), etc. Plus encore que par leur rare bonheur d'expression, ces maximes s'imposent au lecteur par leur énerg-ie. Cette femme sans scrupule et sans morale n'a g-ardé qu'une vertu, la volonté. Tandis qu'autour d'elle, les caractères

1. En voici une pourtant, qui a toute la subtilité abstraite de ses romans (à propos do Mme de Mailly, qui parlait du Roi avec aigreur) : « Je parierais bien sur tout ce f|u'eile a dit qu'elle n'a jamais aimé le Roi de bonne foi. Il est aisé, quand on cannait le cœur humain, de distinguer ce que le dépit fait dire et même fait penser dans le moment qu'on le dit, d'avec ce qu'on a pensé dans tous les temps. D'ailleurs, la colère ne s'attache qu'à l'amant et aux actions dont on se plalîit, et ne va pas chercher des sujets de blâme, de mépris même, dans les choses où l'amour n'a aucun rapport » (Lettre du 23 juin 1744 [21, 362-3).

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