‹ Madame de TencinChapitre 184 sur 200 · FONTENELLE · texte numérisé non relu

FONTENELLE

22*. Lettre à Gabriel Cramer-, du 4 septembre 1748, Britisli

i. Ghesterfield répondit {ici., II, 4o) : « S'il y avait au luonde un discernement que je respectasse plus que le vôtre, vous seriez fort mal avec moi, d'avoir exposé à la critique des souverains arbitres du goût et de l'éloquence une lettre que les ordres de Mme Cleland m'avoient arrachée, et qui aurait dû souhaiter l'oubli au lieu de l'examen ; mais, avec tout le respect que je dois à ces Messieurs, dès qu'il me l'aut subirvotre jugement, je ne me mets point en peine du leur. Je suis sûr qu'ils me pardonneront, et môme qu'ils approuveront ce sentiment ».

2. Sur Cramer et Jalabert, cf. Jean Senebier, Histoire littéraire de Genève, Genève, Barde, Manget and C». IVSfi, 3 vol. in-8, t. Il, p. 104-112 et 126-133; Charles Borgeaud, Histoire de l'Université de Genève, I, L'Académie de Calvin, Genève, Georg, 1900, in-l'». p. 502-4 et 5fi4-9. — Sur leurs relations avec Mme de Toncin. cl. plus haut, chapitre V, p. l'J4-5.

Muséum, Addit. Mss. 23 889, f" 46; original, signature autographe.

A Passy, ce 4 7*'r'> 1748.

J'aurois été bien fâchés, Monsieur, si les lettres que vous mavés fait l'iionneur de mecrire ne metoient pas parvenues, ce sont des titres pour moy de votre amittiez et si je pouvois croire tous ce que vous me ditte de flateur ce seroit encore une preuve que jaurois quelques méritte, mais je nay garde de prendre pour vray des choses que je ne doit qua votre pohtesse. Je me rend justice, je sait aussi la rendre aux autres, jug-ez par la monsieur de lestime que vous mavés inspirés et du désire que jay davoire quelques parts dans Ihonneure de votre souvenir. Jaurois presque regret davoire fait connoissance avec vous si je navois lesperance que nous nous reverrons dans ce pais cy. La douceur et lagrement que vous mettez dans la société nauroit été remplacé (que?) par votre amy monsieur Jalabert, s'ils pouvois lettre. Nous lavons trouvés tel que vous le dépégné, je ne lait pas veïi autan que je lauroit souhaité. Ce n'est pas ma faute, il a voulu me faire croire quil lauroit souhaitez autan que moy et javoue que je nait pu me refuser au plaisir de pensé quil ma dit vray. Vous êtes tous deux bien digne detre amis l'un de l'autre. Heureux ceux a qui vous trouveriez assé de mérite pour être admis dans une sociétés ou le cœur et lesprit trouveroient également leur compte. Je sais que si jetois aportés de jouir de cette avantage jaurois la vanité dy prétendre, je me rend témoignage que jen suis au moins digne par mes sentimens. Je suis Monsieur avec un très véi'ilable

attachement, votre très humble et très obéissante servante.

De Tencin.

Je suis charg-és de vous faire les honneurs de tous nos convives surnommé les belles*.

A. — OEuvres de madame de Tencin.

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