‹ Madame de TencinChapitre 2 sur 200 · Enirelien entre UAlern/jerl et Diderot [lU A · texte numérisé non relu

Enirelien entre UAlern/jerl et Diderot [lU A

sa vie le plus divers des romans. Femme g-alante, et dont les gazelles jasèrent, elle parvint ù conquérir pour sa maturité la considération, et pour sa vieillesse le respect; petite aventurière de province, elle devint une des reines de Paris, et presque un parti dans l'État; nonne défroquée, elle sut trouver des jésuites zélés, de saints évêques, des cardinaux graves, pour l'accepter comme une « Mère de l'Église » ', jusqu'à un pape docte et pieux pour entretenir avec elle une amicale correspondance. Une Pompadour ou même une GeofTrin semblent plus à l'aise dans leur siècle et mieux en refléter l'esprit. Mais nulle femme alors n'a fait vibrer plus fortement, ni sur une plus large étendue, le clavier des passions et des idées contemporaines, que cette femme de letties, qui fut aussi femme d'affaires, femme d'alcôve, de salon, d'antichambre, de concile et d'académie.

Elle naquit à Grenoble, le 27 avril 1G82, dans l'hôtel tout neuf, où son père, conseiller au parlement, venait à peine de s'installer, et qui symbolisait en quelque sorte l'achèvement de la fortune familiale-. Saint-Simon, qui détestait les Tencin, frère et sœur, est tout heureux de dénoncer la « guèuserie » de leur race. Selon lui, leur arrière-grand-père était orfèvre : « Guérin était leur nom, et Tencin celui d'une petite terre, qui servait à

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