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Mémoire pour servir, etc

LE COUVENT ET LES DÉBUTS A PARIS. iU

laiïaire du prieuré de Merlou, quelques mensong-es tllrontés en plein Parlement avaient achevé de le discréditer à Paris', et sa réputation avait besoin de se rafraîchir à l'étranger. Après tout, la place était modeste, puisque c'était celle-là même qu'il avait occu{)ée ving-t et un ans plus tôt auprès du cardinal Le Camus. Mais Dubois, qui voulait entrer avec la pourpre dans la série des Mazarin et des Richelieu, avait envoyé là-bas ce maquignon sans dig-nité pour qu'il lui achetât le chapeau. Le cardinal de Rohan était chargé de la demande officielle. Dubois laissait à l'abbé les négociations les plus décisives, les nég-ociations d'antichambre. Il écrivait à son protég'é des lettres caressantes et attendries, qui permettaient à Tencin de tout espérer pour l'avenir : « Vous avez toujours souhaité, Monsieur, lui disait-il, d'être à portée de rendre service à un imbécile : vous y voilà, et vous vous y mettez à ce que je vois jusqu'aux oreilles. Dans la grippe qui vous a pris pour moi, je crois que vous avez satisfaction LMi travaillant selon votre cœur avec les personnes qui se portent à mon avancement avec tant de générosité... Continuez à m'aimer non pas le plus long-temps qu'il vous sera possible, mais toute votre vie; et, si on

1. L'abbô de Tencin, qui prétondait que le prieuré de .Merlou I rlevait de son bénéfice de Vézelay, venait de perdre son procès 1 niitre l'abbé de Vaissière, avec des considérants l'ùcheux pour sa I t'putation ; cf. Sicile des nouvelles ecclésiastiques du 16 juin l7iS 73], 67, la plupart des mémorialistes de la Régence et les piunphlétaires du concile d'Embrun. Cf. encore lettre à sa sœur de l'ivrier 1713 [oO] 210 : « Ce diable de procès est celui des événeliients de ma vie qui me fait le plus de peine ». — On trouvera nuni'^ç toutes les pièces de ce procès à la Bibliollièque Nationale, Mss.Clairambault, 120'J, f»» 36-80.

VOUS faisait regarder celte passion comme une maladie, je vous supplie de ne jamais prendre de rhubarbe, si la rhubarbe peut vous en g-uôrir (on retrouve ici le fils de l'apothicaire). Pour moi, c'est pour le reste de mes jours ; et je n'oublierai jamais le service que vous m'avez rendu, en me fournissant des encensoirs pour parfumer V ambassade du Grand Turc. (« Le Grand Turc », est sans doute ici le nom irrévérencieux du pape ; et ces métaphores musulmanes désignent les bons offices de Tencin en faveur de Dubois auprès de la cour romaine.) En reconnaissance, je vous garde du baume de La Mecque (Ne serait-ce pas la promesse de la consécration épiscopale?) et je vous assure que vous n'aurez jamais d'ami qui soit plus parfaitement que je suis, etc..' ».

Tencin lui montra « comme il savait servir ^ ». Il s'était acoquiné avec l'abbé Scaglione, le conclaviste du cardinal Gonti, qu'on allait faire pape. Innocent XIII élu, et Scaglione nommé secrétaire des brefs aux princes, — la chasse au chapeau se poursuivait avec plus d'ardeur. Scaglione montrait à Tencin ses grands appartements mal meublés, et Tencin lui insinuait avec un sourire : « Monseigneur, je suis sûr que la même providence, qui fera éclore la promotion de M. l'archevêque de Cambrai, pourvoiera en même temps à l'ameublement de votre appartement^ ». Gomment

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