Barbier [69], I
AFFAIRES d'argent, D AMOUR ET d'ÉGLISE. 47
faire ce qu'elle veut' ». On devine assez les « intérêts généraux » qui pouvaient se « mêler » à V « amour » dun lieutenant de^olice, d'un contrôleur des finances, ou d'un premier ministre. Si nous étions mieux renseig-nés, nous saurions retrouver ces « intérêts » partout. N'avait-elle pas su enrôler dans sa banque l'aimable chevalier Destouches, et le cas du conseiller de La Fresnais n'éclaire-t-il pas tous les autres ?
Il ne faudrait pourtant pas trop s'attendrir sur lui^ Charles-Joseph de la Fresnais était « un homme de six pieds et plus de haut, et qui pouvait servir les dames* ». Il les « servait » si bien, et de tant de façons, qu'il se ruinait à leur service, et que sa femme, après dix-huit mois de mariag-e était revenue près de ses parents, avec son fils, mourir de chagrin à ving-t et un ans*. On le croyait très riche. Avant de devenir un de « Nos seig-neurs du Gi'and Conseil », il avait été capitaine de la patache de l'île de Ré ^ et banquier expéditionnaire en cour de Rome. Il était ainsi entré en relations avec Mme de Tencin, lorsqu'elle faisait à son frère des envois d'arg-ent. Il avait été très utile au frère et à la sœur, « lors des diminutions d'espèces, en leur facilitant les moyens de ne rien perdre ». Sur les bénéfices qu'il avait fait ainsi réaliser à l'abbé de Tencin, il avait