‹ Madame de TencinChapitre 42 sur 200 · Innida Rliea [93 A], lOC-T · texte numérisé non relu

Innida Rliea [93 A], lOC-T

comme débitrice », il y en avait plusieurs où elle était reconnue comme créancière. Que valaient tous ces papiers? Nous ne le savons point. Un seul fait apparaît certain. A son ancien ami, qui l'avait peut-être aimée, sûrement aidée, et qui, maintenant inutile pour elle, était acculé à la ruine, Mme de Tencin se déroba avec le plus ég-oïste sang--froid. Il y eut des pleurs, des menaces, des supplications ; elle ne se laissa point toucher. Par une lettre très habile, d'un ton très digne et presque ému, elle lui fit dire de ne plus song-er à la voir : « Nous ne pouvons plus penser l'un pour l'autre, écrivit-elle, comme nous avons pensé. Quand la tendresse a été altérée jusqu'à un certain point, elle ne peut revenir comme elle a été ». Les soupçons qu'il avait eus sur sa conduite, « soupçons, dont mon caractère {sic), disait-elle, devait m'éparg-ner la honte », la trouvaient indig-née. Elle se voyait « dans la nécessité de faire un effort, pour s'arracher des sentiments qui faisaient le malheur de sa vie, et qui devaient en faire le bonheur ». En offrant encore son « amitié » à l'amant ruiné, elle lui sig-nifiait pourtant la rupture'.

Ceci se passait à l'automne de 1725. Devant tant d'infortunes financières et sentimentales, La Fresnais s'affola. Mme de Tencin l'avait volé; il se persuada qu'elle le tuerait. Sous cette idée fixe, il rédigea son testament le 18 février 1726. Le 20 mars, il le relut, et le sig-na de nouveau, comme s'il sentait sa mort imminente. Cependant^ tandis qu'il accusait Mme de Tencin de comploter son assassinat, il la menaçait de

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