‹ Madame de TencinChapitre 43 sur 200 · AFFAIRES D ARGENT, D AMOUR ET D ÉGLISE · texte numérisé non relu

AFFAIRES D ARGENT, D AMOUR ET D ÉGLISE

so tuer pour lui faire pièce, si elle ne lui rouvrait sa porte. Craig-nant un scandale, elle l'autorise à revenir qîiekjuefois. Le 5 avril, après avoir diné chez elle, il passa chez son collègue du Grand Conseil, M. de Sacy, et lui remit deux paquets cachetés. L'un portait en suscription : « Ceci est mon testament, que je veux être déposé chez un notaire, pour être ouvert après ma mort en présence de mes créanciers » ; l'autre était une lettre écrite le jour môme et destinée à l'archevêque d'Embrun. Dans le testament, il affirmait qu'il serait tué sous peu par Mme de Tencin ; la lettre était déjà une lettre d'outre-tombe : il y parlait de sa mort comme d'une mort volontaire et comme d'une manière de satisfaction à ses créanciers. La contradiction de ces deux documents laisse voir là fêlure dans le cerveau du conseiller. La lettre disait : « Monsieur, je suis bien fâché de mourir sans être en état de vous payer; j'ai fait les derniers efforts pour vous payer ce que je vous dois: mon impuissance vient de votre sœur. Après avoir eu un commerce d'amour pendant trois ans, aux yeux de ses domestiques et des vôtres, elle s'est emparée de tout mon bien, abusant de la contiance que j'ai eue de le mettre sous son nom. Elle m'a mis dans la cruelle nécessité de périr. Si vous voulez éviter la punilion de Dieu, envoyez-la dans son couvent, dont elle n'est assurément pas sortie canoniquement » '.

Ayant confié les deux paquets à M. de Sacy, il revint chez Mme de Tencin, et y passa une partie de la soiiée. Le lendemain matin vers dix heures, il sortit, en re-

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