‹ Madame de TencinChapitre 50 sur 200 · Mlle Aissù, lettre daoùt · texte numérisé non relu

Mlle Aissù, lettre daoùt

vait lui rendre l'honorabilité sociale, el faire d'elle une puissance^La conversion se fit peu à peu : pendant plusieurs années encore le salon de Mme de Tencin resta sans affectation précise ; on y coudoyait plus de jésuites que d'académiciens. Tous néanmoins y étaient ég-alement disciplinés et surtout utilisés ; et l'on va voir comment, parla grâce de Mme de Tencin, un médecin et un poète, enrôlés au service d'im archevêque, lui composaient ses mandements et préparaient les délibérations d'un concile.

Il y avait à peine un an que Mme de Tencin était sortie de la Bastille ; et déjà le frère et la sœur machinaient une g"rande manifestation pour rentrer sur la scène publique, et y rentrer pieusement. Après avoir cherché le chapeau pour les autres, l'archevêque le voulait pour lui, Son zèle dévot était d'autant plus vif que son passé était plus compromis. A défaut d'autres scrupules, ce docteur de Sorbonne avait du moins celui de la doctrine, et, pontife tout fraîchement consacré, il se sentait un prosélytisme jeune : « Je n'ai jamais fait plus sag-ement, écrivait-il à sa sœur dès 1723, que de me faire ami des jésuites^ ». Il allait donner maintenant des preuves effectives de cette « sagesse » en prenant à son compte les rancunes de la Gompag-nie, qui étaient aussi celles de la Cour.

On sait que depuis 1713, depuis que sur les instances et presque les sommations de Louis XIV et du P. Le

1. Toutes ces idées sont exprimées par Mme de Tonins, en qui Duclos semble avoir voulu peindre Mme de Tencin : cf. Les Confessions du comle de X'" [86], 93-5.

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