Lettre d'avril
AFFAIRES d'argent, d'aMOUR ET D'ÉGLISE. 61
Tellier, le pape Clément XI avait condamné, par la Bulleou Constitution ^'n/^enz7M6-centetuneproposilions des Réflexions morales du P. Quesnel, et, derrière ces propositions, le jansénisme toujours vivace, — l'Église de France n'avait plus retrouvé son unité. Des évêques aux derniers fidèles, on était constitutionnaire ou anticonstitutionnaire, acceptant ou appelant de la Bulle. « Les acceptants, écrit Voltaire dans une formule trop simplificative, mais peu inexacte, étaient les cent évêques qui avaient adhéré sous Louis XIV, avec les Jésuites et les Capucins. Les refusants (on disait plus communément « les appelants ») étaient quinze évêques et toute la nation. Les acceptants se prévalaient de Rome ; les autres des universités, des parlements et du peuple' ».
Parmi les évêques qui « appelaient » delà Bulle à un futur concile, dut-il ne se tenir jamais, nul n'était plus vénérable, plus pieux et plus entêté que le vieil évoque de Senez, Jean Soanen. Il avait quatre-ving"ts ans, et toutes les vertus qui font le saint populaire. En 172G, comme dans le public on le disait mort, il montra qu'il restait bien vivant: IJ' Instruction pastorale de Monseif/neurl'e'vérjiiede Senez ^ dans laqaelle^à V occasion des bruits qui se sont répandus à Voccasion de sa mort, il rend son clergé et son peuple dépositaire de ses derniers sentiments sur les constitutions qui agitent l'Eglise, du vingt-liuit août mil sept cent vingt-six, celte instruction pastorale, ag-ressive pour le pape, le roi et les évêques constitutionnaires, se faisait emphatiquement élogieusepour tous les martyrs de «la Vérité »,