Lettre d'Embrun du 10 mai
;iii moins ! qu'il se hâte ! qu'il ne se donne pas l'air de faire fi sur la grâce royale ! Elle voudrait déjà qu'il fût auprès d'elle. Lui, nnoins confiant, est aussi moins pressé ; il veut « faire son ordination », et ne pas scandaliser les hug-uenots de son diocèse, en partant à la veille de la procession de la Fête-Dieu, « d'une pareille fête » ; et puis, il a promis sa visite à M. de Maillebois à la campag-ne, et « compte prendre là le petit lait » ; et puis, il n'est plus très jeune, et tout ce voyag-e l'effraie : « Vous me g-rondez, lui dit-il, vous devriez plutôt me plaindre... Vous vous imaginez que je n'ai qu'à mettre le pied à l'étrier ; ce temps-là n'est plus. Je ne sais pas même comment j'irai : je n'ai point de chaise de poste ; et le voyag'e de Paris est pour moi à présent ce qu'aurait été autrefois le voyag'e de la Chine». Mais, puisque le sort en est jeté, puisqu'il revient à Paris, il a besoin de sa sœur plus que jamais : u Adieu, ma pauvre tante; toutes les situations un peu critiques me font toujours plus sentir que je vous aime de tout mon cœur * ». Dans les premiers jours de juin 1736, il se met en route. A Grenoble, il fait une courte halte. Il en repart le 7, avec le chevalier de Tencin, son neveu, « chacun dans une chaise de poste », pour qu'il arrive moins fatigué : « Mme de Grolée l'a voulu absolument » ; c'est une bonne sœur. Mais la sœur précieuse et inestimable, «'est celle qui l'attend là-bas, et qui, dans cinq jours, ira le g-uetter sur la route, à Villejuif, pour l'embrasser avec ardeur -. Enfin le voici à Paris, et tout aussitôt à Versailles. Il y fut reçu du cardinal « comme en