Lettre du il juin 1743, l
DEflNlKHES INTRIGUES, DEUXIKUES ANNÉES. 109
ration ii partirait pour Lyon, que l'opinion publique ne lui faisait rien, qu'il serait très content et très heureux dans son Lyon, qu'il n'avait à faire ici qu'un personnage ridicule, et qili le dégraderait aux yeux du public... Jugez, mon cher duc, l'impression que ce discours fil sur moi ; je ne l'ai confié qu'à vous ; vous êtes mon ami ; vous êtes plus capable et plus à portée que personne de nous donner de bons conseils... i\ ne me parle que de Lyon. Je crois, mon cher duc, que, si vous ne venez à bout de lui faire avoir quelque conversation avec le Roi, nous ne pourrons le retenir. Tout cela me tracasse, j'ai la fièvre' ». Et de vrai, elle en tombe malade, et le Saint-Père fait prendre de ses nouvelles 2.
Bientôt d'autres réconforts lui vinrent, et plus solides. On avait beau la maudire, sa ténacité finissait par l'imposer. Si le triomphe de la favorite n'était pas le triomphe de son frère, son frère du moins y trouvait sa part. A force de se serrer contre Richelieu et la Tournelle, Mme de Tencin avait associé sa fortune à la leur; et cette fortune g-randissait tous les jours. En octobre 1743. le Roi avait fait de sa maîtresse une duchesse : la marquise de la Tournelle était devenue la duchesse de Ghâteauroux. Mme de Tencin avait travaillé au duché avec la plus ardente ingéniosité : « Rappelez-vous, disait-elle plus tard à Richelieu tout ce que nous avons fait, et toute la peine que nous avons eue à la faire duchesse^ »? C'est elle, en efiet, qui, la première, avait