Mme de Ghàteauroux à Rictielieu, 3 juin t
3. Le cardinal de Tencin à Richelieu, lettre du 7 juin 1744,332.
renouvelés deux ou trois t'ois, qui « remédieraient également aux inconvénients de Tabsence, et donneraient une plus grande marque de passion » (323). Dans le vrai, il lui en coûtait de voir s'éloigner la favorite, au moment môme où elle venait enfin de la conquérir. Elle se promettait merveilles de cette amitié naissante. Si Mme de Ghàteauroux voulait bien la recevoir, et l'écouter « dans le plus grand secret », le succès était certain : « Soyez sûr, disait-elle à Richelieu, que je parlerai comme il faut, et que je lui donnerai de violents soupçons de ce que je ne pourrai dire entièrement... Je lui ferai sentir sur toutes choses qu'elle doit faire chasser Maurepas, qu'il est l'âme de toutes les intrigues. Je parlerai aussi sur le maréchal de Noailles, du d'Argenson, du désir qu'on a de faire la paix, des sottises qui peuvent se faire en conséquence de ce désir; enfin vous serez content de moi. Le tout est de parvenir à lui parler » ' . L'entrevue lui fut accordée: « Je compte avoir ma conversation vendredi, s'écrie-t-elle avec joie; je vous en rendrai compte bien exactement. Vous m'avez si bien instruite qu'il n'est pas possible que je ne dise ce qu'il faut dire... Il n'y a rien de bon à faire, ni aucune solidité dans la position de Mme de Ghàteauroux que Maurepas ne soit chassé. Je vous réponds que je le dirai de la bonne sorte vendredi » ^ La conversation n'eut pas lieu ; quand le vendredi arriva, Mme de Ghàteauroux était partie à Lille, et y attendait son amant : « J'ai reçu une lettre charmante, écrit Mme de Tencin pour se consoler : ce qui