‹ Madame de TencinChapitre 89 sur 200 · Lettre du 18 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 18 octobre

3. Marville à Maurepas, 6 mai 1745 [95], II, 71-72; Barbier, Journal, octobre 1745 [69], IV, 97.

Tenciri de poursuivre toujours sans jamais alteindre. Qu'un ministère soit vacant ou menace de l'être, que d'Argenson soit disgracié ou Puisieux malade, elle trouve toujours lin nouveau motif d'espérer pour son frère, et d'espérer vainement. Elle avait rêvé gouverner la Pompadour; mais, plus ejncore que la Ghàteauroux, la marquise lui résiste, se dérobe ou se défie*. Mme de Tencin doit se tourner ailleurs. Ses vieux amis, les frères Paris, reçoivent ses dernières espérances. Leur fortune colossale faisait d'eux une des puissances de l'État: « ils sont riches par dessus les yeux, écrivait-elle à Richelieu en 1743, ils ont beaucoup d'amis, tous les souterrains possibles, et de l'arg-ent à répandre. Voyez après cela s'ils peuvent faire du bien ou du mal ))^. Elle comptait qu'ils lui feraient beaucoup de bien ; et, vers la fin de sa vie, elle voyait presque tous les jours Paris du Verney, pour g-arder en main une force disponible, et peut-être un instrument de règ-ne. Mais tout le bon vouloir des Paris se heurte à la coalition des ministres, et le cardinal de Tencin reste au conseil sans département. Il a soixante-sept ans ; il est plus las que jamais ; il répète sans cesse qu'il va se retirer dans « son Lyon » ; mais sa sœur ne le souffre pas ; il faudra qu'elle meure pour qu'il obtienne le droit au repos ^.

Elle-même ne se repose jamais. Les rudes émotions

1. Marville à Maurepas, 9 et 29 janvier, 8 mars 1747 [93], III, 133-5, 142, i79.

Page 1