‹ Madame de TencinChapitre 91 sur 200 · Marniontel, Mémoires [133], I · texte numérisé non relu

Marniontel, Mémoires [133], I

4. Mme de la Forté-Iiubault, Souvenirs inédits [110], 2o. a. Lettre à Mme Dupin du 30 juin 173o [19].

appellera plus tard une « g-uenon de femme » (186). Mais connaîtrons-nous jamais toutes les Mariannes et tous les Vallevilles, dont elle a dit tant de fois, avec un accent de triomphe anticipé : « Je vous garantis que nous les marierons * » ?

Toutes ces intrig-ues, minuscules ou considérables, l'enfiévraient et l'épuisaient. Pendant les dernières années de sa vie, les inquiétudes et les tracas aug-mentent sa maladie de foie (65), multiplient les crises, et mettent sa vie en dang-er. 11 est rare qu'elle puisse dire à ses amis, comme un jour à Richelieu : « je me porte ridiculement bien » (268). Recluse par sa mauvaise santé, elle écrivait de nouveaux romans : Les Malheurs de V Amour paraîtront en 1747; les Anecdotes de la cour et du règne d'Edouard II resteront inachevées. Elle vivait surtout dans ce salon, qui était son œuvre, où elle jouissait des amitiés précieuses qu'elle avait su se conquérir. Peu à peu la considération et le respect s'étaient amassés autour d'elle, symbolisés, pour ainsi dire, par le portrait de son savant ami, Benoît XIV, qu'on pouvait admirer chez elle en place d'honneur, et que Sa Sainteté avait olfert lui-même à « sa fille spirituelle- ». Elle n'avait pas d'enfants, ou du moins elle ne s'en souvenait plus. Pour d'AIembert, elle ne l'avait revu qu'une fois, et, de mauvaise g-râce, depuis la nuit de l'accouchement: ce n'était encore qu'un petit pensionnaire de sept ans, mais il montra de la gentillesse et eut de jolies reparties : « Avouez, Madame, — s'écria Destouches à son amie, dont il avait eu grand'peine à

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