‹ Madame de VandeuilChapitre 2 sur 19 · LE DUC DE PENTHIÈYRE · texte numérisé non relu

LE DUC DE PENTHIÈYRE

bientôt ce qui nous a conduit à parler du duc de Penthièvre ; mais quand même nous n^aurioifg rien de neuf à révéler sur cette belle vie, encore serait-il bon de revenir parfois aux nobles et pieux exemples, et de ne pas oublier trop longtemps la vertu à Tombre du génie. Dans le vaste champ du passé, Tadmiration et la curiosité s'attachent de préférence aux traces des grands hommes ; mais il est doux aussi de respirer le parfum de violette qu'a laissé le long des sentiers moins frayés le passage de quelque homme de bien. Le duc de Penthièvre fut un homme de bien dans toute Facception du mot. Notre intention n'est pas d'écrire une biographie qu'assez d'autres ont écrite avant nous. Fortaire, qui fut durant quarante ans et plus valet de chambre du duc de Penthièvre , a laissé , sur la vie de ce prince un volume rempli de détails oiseux qu'a reproduits l'abbé Carron avec une heureuse sobriété. Plus lard, tout récemment, pour ainsi dire. M* Villeoave a publié sur le même sujet quelques pages d'un sentiment exquis. Quant k nous, il nous suffira de rappeler seulement quelques traits q«i nous amèneront naturellement à un fait moins connu, dans lequel ce teodre c<Bur semble se résumer en entier avec toutes ses adorables déUcatesses.

LE DUC DE PENTHIÈTRE. i$7

Fils do comte de Tooioase et de Marie de Noailies, le duc de Pentbièvre fut le dernier des héritiers des fils légitimés de Louis XIV. Ce qai frappe d'abord en lui, c'est une disposition triste et réTeuse qu'il tenait sans doute de Dieu ou de sa mère, car le siècle n'y prêtait pas, et qui grandit et se développa sous les ombrages de Rambouillet. Il avait douze ans à peine quand la mort lui enleva son père ; la cruelle, l'impitoyable mort qu'il devait voir, durant sa vie entière, abattre autour de lui les êtres qu'il aimait ; son àme, déjà mélancolique et sombre, ne se releva jamais de ce terrible coup. Il n'était pas d'ailleurs de ces rêveurs oisifs qui nous ont fatigués plus tard de leurs lamentations poétiques. Brigadier des armées à dix-sept ans, à dix-huit ans il se ^ battit comme un lion à la journée de Dettingen , et fut fait maréchal de camp. A la bataille de Fontenoy, il enfonça la fameuse colonne ennemie à la tète du régiment de Fi iz- James cavalerie. En 1747, il obligea la flotte anglaise à se retirer des côtes de Bretagne. Ces qualités guerrières, ces belliqueuses aptitudes qui signalèrent sa jeunesse, rehaussent singulièrement le prix des vertus paisibles qui remplirent le reste de ses jours.

Jeune, comblé de toutes les faveurs du rang, de la gloire et de la fortune, le duc de Pentbièvre

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