Archives départementale
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affaires est trop lourd pour qu'elle puisse se soutenir plus longtemps. Il lui faut des secours étrangers :
... ce que je ne veux faire que par vos sages conseils. Voila ma fabrique de poteries et de toute sorte de moulages détruite par malice. Je trouverai des étrangers qui me fourniront de quoi la relever pourvu que les privilèges soient à moi seule et que ma Compagnie n'y ait plus rien a voir, ce qui est bien juste puisqu'ils ont détruit mon ouvrage quoique parfait, disant seulement que cela leur coûtait trop à Chambéry et qu'ils voulaient s'établir en Maurienne.
J'aurais trop à dire et il me faudrait un volume pour vous expliquer toutes mes raisons de plainte, je vous demande seulement, monsieur, que vous ayez la bonté de me recommander à M. l'Intendant général pour qu'il donne l'ordre au S' Tarin, régisseur de nos fabriques et fonderies de me fournir tout le nécessaire pour faire... par le Sr Herkel qui ne peut plus travailler pour moi à cause de la maladie où les chagrins et les injustices que l'on me fait l'ont plongé.
A ce moment la situation était à peu près désespérée. M. Perrichon, mettant à exécution l'arrêt qu'il avait obtenu le 2 avril, faisait vendre la part de madame de Warens dans la Société. Elle lui fut adjugée aux enchères publiques le 1" septembre 1754.
Afin de se soustraire à l'humiliation de cette exécution qu'elle ne pouvait plus empêcher, la baronne se retira dans cet ermitage dont elle entretenait M. de GaufTecourt. C'est, croyonsnous, à Jussy qu'elle établit sa résidence. Ce village est situé à deux lieues de Genève et du lac, près de Garouge. Elle pouvait ainsi se rendre facilement à Genève pour y voir Rousseau, Gauffecourt et les Bérard, ou bien aller en Chablais visiter les de Loys et correspondre avec ses parents de pays de Vaud ',
Le 8 novembre 1754, Gourtilles lui envoie de Chambéry une longue lettre qu'il lui adresse à Carouge ou â Jussy.
Madame, J'ai l'honneur de la votre par le Sr Mîchot qu'il vous dira notre situation, ma femme malade et moy qui ay la foire (sic) depuis dix jours, vous voyé par la sy ma situation est tranquille et gracieuse. Sans ma rester plus longtemps sur ma situation je viens par celle cy vous donner le dernier avis que je crois que l'honneur et la probité don j'ay toujours faits protection mon dicter de
i. Le dossier des Archives départementale* contient une enveloppe de lettre a l'adresse de madame de Warens à Genève. Elle passa peut-être plusieurs jours dans celte ville a l'époque du départ de Jean Jacques et de Thérèse, lorsqu 'aurait eu lieu la scène du dernier bijou.
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même qu'un Etre suprême ' m'ont inspirer. Le récit du S' Michot m'a fait entrer dans des idées afreusea de l'état présent ou vous vous trouvé cependant n'étant pas instruit de vos ydées ny de vos affaires, la façon de vivre que vousavés prit jusqua présent vous ont otté tous vos amis, vous voulés entretenir bien des geans a de gros frais, ce que le seigneur le plus opulent ne pouroit pas faire. Voyé madame a quoy vous sert de faire courir les montagnes à Fabre a six cents livres par année et cy H' Daviet qui vous a trompé en tout et partout mérite d'avantage votre confieriez . Le S' Merkei qui a six cents livres de la Compagnie, outre cela vous l'entretené luy et sa famille ; comment voulé vous que cela ce puisse faire cela est impossible avec le revenu que vous avés, et létal présent de vos affaires demande un ménagement tout contraire. Vous avés mangé par avance vos cartierset je ne vois point quelle peut être votre idée. Le S[ Vidal comme je vous l'ay marqué a congédier les ouvriers du Bourget faute d'argent a ce qu'il dit ; H1 le marquis de Chaumont veut être payé par moy des cinquante-six livres que l'on lui doit pour les charbonniers et ne veut sans prendre qu'a moy ; vous sente par la qu'il faudra maigre moi que je me retourne contre ma Compagnie et vous êtes du nombre. Les S" Daviet et Vidal qui ont eu vos clés cela a mis une méfiance dans la ville entre vous et moi qui est touttes a sa place, le S' Vernier votre procureur m'a fait la grâce de me dire que si vous luy aviés donné ou envoyé vos papiers qui serait parti pour Lyon cependant a vos frais ces fairies, mais qu'a l'entrée (la rentrée des tribunaux) il ne le
pouvait faire. La dessus je tous a donné avis do l'arrivée des S" Mansort et Denervos qui ont déjà procédé a un invantaire en Horîenne en l'assistence du S' Dupuis et le montant des fonds ou valeur de la Compagnie suivant leur conte ne monte qu'a quarante-six mil livres, je crois avoir trouvé un expédient qui est le dernier partis que vous aves a prendre est que vous me passiez une procure générale pour toutes vos affaires tant de fabrique qu'autre et alors je me rendray à Lyon auprès de H. Perichon en lui expliquant politiquement et sans témoins la situation, et labandon que vous faites de toultes vos prétentions en sa faveur fera que vous pourries en tirer quelque chose pour vous remettre dans le courant et vivre Iranquilement dans l'endroit qu'il vous plaira de choisir ou dans un couvent si mieux vous l'aimé, pour quelque temps et a portée de Chambéry sans en être éloignée et cela ramaiuera tous les cceurs en votre faveur; et laissés pour l'avenir touttes sortes d'entreprises puisqu'elle ne saurait tourné qua votre desavantage, voilà mon sentiment en bonnette homme. Je vous prie de pardonné la liberté que je prend de vous les donnes mais c'est par le [dé] vouement que jay eu et que j'auray toutte ma vie pour vous qui fait qu'aujourd'hui je vous ouvre mon cœur en entier. Cependant il faudrait que jat tous les papiers pour cela faire et tout serait fini sans que personne le sut. Je vous dirai qu'après la rentrée ils veule vous demandé au sénat les trois mille et quelques livres que vous deves avoir reçu du S' Hajan et qu'il a vendu au S' Perichon. J'oubliay de vous dire que j'ay donné avis à Mr Berard de même qu'a vous tan du S' Vidal de sa conduite que de la demande de M* de Chaumont
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sans savoir aucune response puisque mes contes ne son! pas signés je vous prie de me les renvoyé par voye sure et comme mon conseil porte de demander a ma compagnie les cinq livres que le contrat porte pour un associé en roule pour les afaires de sa compagnie outre les faufrais il me les payeront puis qu'il font ten de difficultés a me signé mes conte et moy a mon tour je demanderay une vérification des leurs quoy que je les ay signé; erreur ne fait pas conte. Je vous ay aussi marqué que Vidal n'avait pas remplit tous les mémoires que vous m'aves remis signé de votre main puis que je n'ay point eut de vin ainsy il me reste 15 livres 10 s. du dernier argent. Quand il vous plaira de mécrire soit ou soit Videt ou More! pour me remettre vos papiers de même qu'au S* Vernier la procure vous m'obligeres, je vous ay marqué ce que m'avait dit le S' Videt, ainsy vous ne m'en parlé point, que voulé vous queje pense si ce n'est que vous ne voulé pas que je retire cest argent par l'ordre que l'on a mis sur mes billets, ainsy je vous prie madame prouvé moy le contraire dans la situation présente où le besoin est très violent, bé moy n'ayant point d'autre ressource vous le sçavé et point d'emploi j'atens avec beaucoup d'impatience l'exécution de vos promesses a mon égard pour être employé. Au nom de Dieu ne m'abandonne pas ny ma femme non plus qui prend la liberté de vous présenter ces profonds respects et fait chaque jour de même que moy des vœux au ciel pour votre conservations et prosperittés.
J'ay l'honneur d'être, avec le plus profond respect, madame,
Votre très humble et très obéissant serviteur De Courtilles.
Au nom de Dieu, madame, ne nous laissé pas sy longtems sans nous donner de vos chère nouvelle et de l'état de vos afaire .
A Madame, Madame la baronne de La Tour, etc.
& Carousb, ou a Jussv (par expret) '.
De Courtilles, on le voit, adresse à madame de Warens, sur sa prodigalité, les mêmes reproches que Rousseau; il est fâché de ce qu'en quittant Chambéry elle ait remis ses clés à Daviet et à Vidal, au lieu de les lui confier. La ville croit qu'elle se défie de lui. Il la supplie de l'employer, de l'envoyer, par exemple, à Lyon auprès de M. Perrichon à qui il parlera politiquement et en secret. Il en obtiendra une somme pour qu'elle puisse se retirer quelque temps dans un couvent à portée de Chambéry, ce qui lui ramènerait tous les cœurs. Le malheureux n'avait sans doute pas encore obtenu la pension dont nous le trouverons en possession quatre ans plus tard. S'il l'avait eue déjà il n'aurait pas poussé ce cri de détresse « au nom de Dieu, ne m'abandonnez pas, ni ma femme non plus ».
L'exprès de Courtilles dut courir à la