‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 86 sur 139 · Archiver du Tabellion · texte numérisé non relu

Archiver du Tabellion

348 MADAME DE WAHENS

particulier de madame de Warens tout en soumettant. la Compagnie à payer pour elle. C'était l'honoraire de ses démarches à la cour.

C'est dans ces heures de répit que madame de Warens écrit au baron d'Angeville ' au sujet de ta pension du maître fondeur Fabre. Nous donnerons encore ces lettres avec l'orthographe actuelle *.

Ce 12" de 17S6. Chambéry.

Monsieur,

J'ai bien lieu, mon cher Baron, de reconnaître de plus en plus votre bon cœur à mon égard par la manière cordiale dont vous vous exprimez sur ce qui me regarde ; continuez, je vous prie, dans les occasions et ne craignez jamais que mon amourpropre s'avise de se gendarmer. Il y a longtemps que je lui impose silence; la mauvaise fortune, qui me persécute depuis si longtemps, m'aurait guérie de cette maladie si je l'avais eue autrefois. Soyez tranquille sur mon compte à ce sujet, je vous prie ; ce qui doit m'ètre le plus sensible c'est le pain

1. Nom pensons que ce correspondant de madame de Warens est Claude -François de Lambert d'Angeville, baron d'Allonzier et de Villy le Peloux, (Ils de Franco! s -Marie et de Marie-Louise de Maillard de Vatlod. Son père était mort eu 1118, laissant deux autres fils, Aimé-Louis et Bernard, qui répudièrent sa succession, et deux filles au moins, Charlotte, mariée en mers nia & Balthazard de Oroisier et Marie, femme du sieur de Moche t (Archiva du stnat).

2. M. Jules Vuy les a publiées d'une façon conforme aux originaux dans la Revue mvoisienne, 1870.

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quotidien et la tranquillité. Je travaille sans relâche pour me mettre en état de jouir de l'un et de l'autre. Si la bonté divine veut bénir mon travail, j'espère d'y parvenir afin que par ce moyen je puisse m'occuper uniquement de la seule chose nécessaire qui est de travailler au salut de mon âme; je me recommande à ce sujet a vos prières. Vous me faites un vrai plaisir de m'apprendre que vous devez venir ici dans quelque temps; vous choisirez vous-même le drap qui vous conviendra le mieux et ferez faire l'habit en même temps. C'est par cette raison que je ne vous envoie pas des échantillons par cet ordinaire. Cependant si vous le jugez à propos vous les aurez sur votre premier avis.

Pour ce qui concerne M. Fabre, que je vous prie de vouloir saluer de ma part, ayez la bonté, mon cher Baron, de lui faire comprendre qu'il est très inutile qu'il se présente a la Trésorerie pour son argent puisque ce n'est que sur le quartier de Pâques que je l'ai assigné, ce qui sera payé au courant, c'est-à-dire vers la fin d'avril prochain. D'abord après les fêtes de Pâques ' je compte le faire venir ici; il tirera son argent et j'espère qu'il fera d'une pierre deux coups, c'est-à-dire qu'en même temps il se trouvera une place pour l'occuper d'une manière que je crois qui lui sera convenable. Si M. Fabre s'obstine à venir avant ce temps-là, cela porte [ra] un grand préjudice à mes affaires dont le détail serait trop long dans une lettre. J'aurai l'honneur de vous expliquer toutes ces choses à première vue. Je vous prie en grâce

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