XII AYANT-PROPOS
archives de l'Etat, dans les greffes municipaux et dans quelques fonds particuliers, nous avons ensuite fait paraître dans la Revue internationale (de Rome), numéro du 15 septembre 1888, une notice sur la Jeunesse de Mme de Warens, qui s'arrête à son mariage. Cette notice, corrigée et augmentée de quelques notes, forme aujourd'hui le premier chapitre de l'ouvrage que nous annonçons. Les chapitres deuxième et troisième continuent ensuite le récit jusqu'au départ du Pays de Vaud. Dans le quatrième chapitre nous avons parlé de ce qui se passa après ce départ, de la liquidation des biens de la femme transfuge, des démêlés et des procès qui s'ensuivirent, de son divorce et de la dévolution des biens qu'elle tenait de sa famille. Et comme les documents sur lesquels notre récit est fondé sont inédits et hors de la portée du public, nous avons cru utile au lecteur de consacrer la dernière partie du volume au texte même de ces pièces justificatives. Une généalogie détaillée de la branche de la famille de la Tour, de laquelle Mme de Warens était issue, accompagne la notice et doit contribuer à l'intelligence du récit.
L'ouvrage récent de M. Mugnier nous semble avoir habilement tiré parti de toutes les sources de quelque importance, contemporaines de Mrae de Warens, qui existent sur elle en Savoie. De notre côté nous pensons avoir utilisé, dans la patrie de cette dame, la presque totalité de celles qui s'y trouvent. Enfin, dans un mémoire sur Magny et la société piétiste du Pays de Vaud, au commencement du x\me siècle, qui s'imprime ac-
tuellement, M. Eug. Ritter donnera quelques détails nouveaux sur l'influence que cette secte religieuse a exercée sur Françoise de la Tour.
Nos efforts réunis paraissent avoir épuisé le sujet. La vie extérieure de Mme de Warens serait donc maintenant connue autant qu'il lui est possible de l'être. Quant à sa vie intime elle a besoin, pour conserver une auréole, d'être entourée d'un certain mystère. Rien n'approche, dans la réalité de l'histoire, des récits idéaux que renferment à ce sujet les Confessions. Pour tout ce qui fait qu'aujourd'hui encore on prend intérêt à ses malheurs, c'est à Jean-Jacques qu'il faut revenir. L'inimitable habileté de sa plume, mieux que tout autre, peut justifier et faire aimer, malgré l'opprobre, la figure de sa bienfaitrice.