‹ Madame Desbordes-ValmoreChapitre 18 sur 95 · Nous savons que l'une des deux nobles personnes · texte numérisé non relu

Nous savons que l'une des deux nobles personnes

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Il faut finir. — Après la mort de sa sœur Eugénie à Rouen en 1850, de son frère Félix à Douai en 1851, il ne restait plus à M"^ Valmore qu'une dernière sœur, l'aînée, Cécile, qui habitait aussi Rouen. C'est cette sœur aînée qui avait appris à lire à la jeune Marceline tout enfant, et l'on trouve en maint passage des poésies un souvenir esquissé de sa douce figure. Elle était bien la sœur du poëte en efl'et par la sensibilité et par le cœur, et aussi par une certaine simplicité primitive d'imagination. C'est elle qui écrivait un jour àM""^ Valmore cette lettre émue, oîi l'on croirait lire un bout de légende d'un autre âge :

fut véritablement bonne et ne s'en tint pas toujours aux paroles. Ici les cœurs étaient généreux autant que les paroles gracieuses: l'ironie n'était qu'entre les deux sorts.

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« J'ai été dimanche faire une course pour une dame qui m'est quelquefois utile dans des moments où je ne sais plus à qui avoir recours ; elle me tend la main pour me ranimer un peu. J'allais à Bon- Secours prier la bonne Notre-Dame pour elle. Je l'ai priée aussi pour nous tous, je me suis jetée à sa miséricorde ; je lui ai demandé qu'elle te récompense de tout le bien que tu fais, qui est d'autant plus méritoire que ta position est bien difficile. En revenant, ma bonne sœur, je me suis vue entourée, presque ensevelie dans des fils de la Vierge. Je ne puis te peindre l'effet que cela m'a fait; je me suis retracé dans un instant la rue Notre-Dame, le cimetière, qui était nos galeries ; toute notre enfance s'est déroulée devant moi comme si c'était hier. Je suis rentrée dans ma petite chambre en pleurant de l'isolement où je me trouve, et de tout ce que souffre notre malheureuse famille. Pourquoi ne suis-je pas morte dans cette chapelle, où je priais pour nous tous la Mère des affligés!... Espérons... »

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Sur quoi M'"^ Valmore, se raeltant à son

unisson, s'efforçait de relever son courage,

d'évertuer sa vieillesse, de l'attendrir par

l'aveu des misères communes, de l'égayer par

des images simples, qui rappellent les beaux

jours et les joies de l'enfance :

« (9 novembre 1854)... La dame qui m'aide souvent à trouver l'argent d'emprunt pour passer mon mois, à la condition de le rendre à la fin de ce mois même, n'a pu venir encore à mon secours, à travers la pluie et toutes les difficultés de sa propre vie. Mais tu dois savoir depuis longtemps qu'il n'y a guère que les malheureux qui se secourent entre eux. Va! c'est bien vrai. Sans être plus méchants que nous, les riches ne peuvent absolument pas comprendre que l'on n'ait pas toujours assez pour les besoins les plus humbles de la vie. Ne parlons donc pas des riches, sinon pour être contents de ne pas les sentir souffrir comme nous.

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» Avant-hier, dans la nuit, j'ai eu le bonheur de rêver à toi et de t'embrasser avec une effusion d'amilié et de joie si vive, que je m'en suis réveillée. — Nous allions au-devant l'une de l'autre les bras ouverts. Tu portais un beau chàle de laine à palmes, et je portais le pareil en vraie sœur. — Hélas! nous étions bien contentes de nous regarder et de nous serrer les mains. Ce bon rêve résume ce que j'ai senti bien des fois dans ma vie, qu'il n'y a rien de pareil ni de comparable à une amitié de sœur...

» Je n'entends pas parler de tes fils plus que loi, et je te plains dans tes tristesses de mère. Le siècle est de fer. Le malheur, le luxe, la misère, rendent les hommes effarés. Pour nos cœurs de feu, c'est froid.

» ... Veux-tu des mouchoirs de poche ou des bas? Ne ris pas de mes offres dans nos misères. Le cœur est inventif. Aimes-tu les rubans? Ah! ma bonne sœur, que je voudrais aller te demander tout cela moi-même et causer tout un jour avec toi!

Rien ne se guérit dans mon triste cœur ; mais aussi rien n'y sèche, et tout est vivant de mes larmes. »

Cette dernière sœur elle-même mourait; la mesure des deuils était comblée, et il y eut des moments où, dans sa plénitude d'amertume, l'humble cœur jusque-là sans murmure ne put toutefois s'empêcher d'élever des questions sur la Providence, comme Job, et de se demander le pourquoi de tant de douleurs et d'afflictions réunies en une seule destinée :

« (A sa nièce, 30 janvier 1855).,. J'ai depuis bien longtemps la stricte mesure de mon impuissance; mais lu comprends qu'elle se fait sentir par secousses terribles quand je sonde l'abîme de tout ce qui m'est allié par le cœur et par la détresse. Oui, Camille, c'est très-poignant. Me voilà donc sans frère ni sœurs, toute seule des chères âmes que j'ai

tant aimées, sans la consolation de survivre pour accomplir leur vœu qui était toujours, et toujours, de faire du bien... Que dire devant ces arrêts de la Providence? Si nous les avons mérités, c'est encore plus triste, — Cette réflexion ne regarde que moi, ma bonne amie. Je cherche souvent en moi-même ce qui peut m'avoir fait frapper si durement par notre cher Créateur ; car il est impossible que sa justice punisse ainsi sans cause, et cette pensée achève bien souvent de m'accabler. »

Chaque cœur croyant a, ainsi, un jour ou l'autre, son heure de tentation et de doute, son délaissement et sa sueur froide, son jardin des Olives. L'aspect nu de la réalité, tout ce qu'elle a d'inexorable et de fatal, revient assaillir, bon gré mal gré, ces âmes aimantes qui veulent espérer, et les envahit, les remplit de douleurs profondes. C'est dans

une de ces heures abattues que M"^ Valmore écrivait encore ceci :

u (A M"" Derains, 11 mai 1856)... Travaillezvous? appuyez-vous quelque part ce cœur... pareil au mien, mais plus convaincu encore, plus sûr?... Pourtant je vois à une immense distance le Christ qui revient. — Son souffle arrive au-dessus des foules. Il tend les bras tout grands ouverts, et ils ne sont plus cloués! plus jamais cloués ! — Mais, si je me remets à regarder la terre, les transes me reprennent et, à la lettre, je crois tomber, et je glisse à genoux contre une porte on contre la fenêtre. C'est violent et silencieux. Ma bonne amie, quelle épreuve ! Et je ne sens pas toujours les anges qui me soutiennent. Ah! vous méritez bien que le vôtre ne vous quitte pas!

» Tout ce que je vous dis de presque égaré vous prouve du moins une affection profonde, et que je vis d'aimer.

» Encore la pluie et les lourds nuages ! » Nous avons atteint au suprême aveu, au plus désolé de tous, à celui de la désespérance.

Quand on écrit la biographie de certains poètes, on peut dire que l'on montre l'envers de leur poésie; il y a disparate de ton : ici, dans cette longue odyssée domestique, on a simplement vu le fond même et l'étoffe dont la poésie de M™® Valmore est faite, et à quel degré, dans cette vie d'oiseau perpétuellement sur la branche, — sur une branche sèche et dépouillée, — près de son nid en deuil, toute pareille à la Philomèle de Virgile, elle a été un chantre sincère. En extrayant cette douloureuse correspondance, je me suis souvent rappelé celle d'une autre femme poëte, et dont il a été donné au public des volumes exquis,

celle de M"^ Eugénie de Guérin. Mais quelle différence, me disais-je, entre les douleurs de l'une et celles de l'autre I L'une, la noble châtelaine du Cayla, sous son beau ciel du Midi, dans des lieux aimés, dans une médiocrité ou une pauvreté rurale qui est encore de l'abondance, avec tous les choix et toutes les élégances d'un intérieur de vierge; l'autre dans la poussière et la boue des cités, sur les grands chemins, toujours en quête du gîte, montant des cinq étages, se heurtant à tous les angles, le cœur en lambeaux, et s'écriant par comparaison : « Où sont les paisibles tristesses de K la province? » Et qui a connu M™* Valmore ■L en ces longues années d'épreuves, qui -l'a ^P visitée dans ces humbles et étroits logements où elle avait tant de peine à i-assembler ses

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débris, qui l'y a vue polie, aisée, accueillante, hospitalière même, donnant à tout un air de propreté et d'art, cachant ses pleurs sous une grâce naturelle et y mêlant des éclairs de gaieté, brave et vaillante nature entre les plus délicates et les plus sensitives, qui l'a vue ainsi et qui lira ce qui précède se prendra encore plus à l'admirer et à l'aimer.

On serait trop tenté vraiment, à voir le détail d'une telle vie, et quel mal infini eut de tout temps à se soutenir et à subsister cette famille d'élite et d'honneur, ce groupe rare d'êtres distingués et charmants, comptant des amitiés et, ce semble, des protections sans nombre, chéris et estimés de tous, on serait tenté de s'en prendre à notre civilisation si vantée, à notre société même, à rougir pour

elle; et surtout si ron y joint par la pensée le cortège naturel de M™^ Valmore, celte quantité prodigieuse de femmes dans la même situation et « ne sachant où poser leur existence », courageuses, intelligentes et sans pain, « toutes ces chères infortunées » qui, par instinct et comme par un avertissement secret, accouraient à elle, qu'elle ne savait comment secourir, et avec qui elle était toujours prête à partager le peu qui ne lui suffisait pas à elle-même I Évidemment il y a là un remède à chercher, il y a (ne fût-ce que dans l'éducation des femmes) quelque chose à faire. J'avais songé, par une sorte de compensation bien due, à réunir d'autre part autour d'elle quelques-uns des noms dont elle eut le plus à se louer, bon nombre des êtres

bienfaisants et secourables qu'elle avait rencontrés sur sa route, et qui lui avaient été une consolation, une douceur et un réconfort au milieu de ses maux; — et M. Jars, qu'elle connaissait depuis l'opéra-comique du Pot de fleurs, à qui elle ne s'était ouverte avec confiance que bien tard, et de qui elle disait en le perdant (avril 1857) : « Cette affection douce et innocente de M. Jars me manque bien! Dans les orages de ma vie, c'était comme une chapelle silencieuse où ma pensée allait s'abattre, et j'avais le bonheur de le sentir heureux, exempt des luttes avec le besoin qui brûle l'honneur; » — et M. Dubois, l'économe de l'hôpital général de Douai, qui avait entouré de soins et d'égards la vieillesse ombrageuse et chagrine du pauvre Félix Desbordes,

qui l'avait remplacée elle-même au lit de mort de ce cher et malheureux frère, et qui était entré pour les derniers devoirs dans toutes ses sollicitudes et ses piétés de sœur; — et M. Davenne, directeur alors de l'Assistance publique, un administrateur comme il y en a peu , qui ne se retranchait pas sans cesse derrière les règlements pour éviter de faire le bien, et qui a mérité qu'elle écrivît de lui dans un transport de reconnaissance :

« (A M™* Derains, le 29 septembre 1856), Je vous ai promis, ma bonne amie, et je me suis promis à moi-même de vous annoncer le premier rayon d'allégement qui luirait ici. Quand votre lettre n'appellerait pas la mienne, vous sauriez donc, presque en même temps que moi, l'admission positive de mon pauvre beau-frère au meilleur asile de retraite de

Paris. — La Providence s'est laissé toucher pour

lui et pour nous ; et le meilleur des hommes vivants * vient de m'accorder un si grand bienfait sans le moindre droit pour l'obtenir, avec quatre motifs d'exclusion !

» Ce directeur comme divin a été jusqu'à me dire : « La chose est impossible, madame, et pourtant » je vois qu'il le faut, et, puisqu'il y va de votre tran- " quillité, nous passerons par-dessus ce que je ne " peux vous détailler; et, pour que vous soyez heu- » reuse, nous en ferons un homme heureux ! »

Mais je ne puis nommer tous ceux que je

1. Elle dit « le meilleur des hommes vivants » par égard pour M">e Derains qui, veuve, gardait un vrai culte pour sonmari,mort cruellement, victime innocente des guerres civiles. — M. Derains était avocat. Il fut tué lors du massacre du coup d'État, en décembre 1851, sur la voie publique, à Paris, pendant qu'il se rendait, inoffensif et sans armes, au palais de justice. Son corps, recouvré par l'infortunée veuve, avait été troué de six balles.

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voudrais, et je ne fais qu'indiquer ici un développement qui sera mieux placé ailleurs, et dans le livre que je sollicite.

Il fautbienenvenir pourtant aux hommages \ittéràires, à commencer par le plus magnifique et le plus royal de tous, celui de Lamartine. Lui seul en eut l'initiative, et un quiproquo y aida. Il y avait dans les dernières années de la Restauration un poëte errant et des plus bohèmes, Franc-Comtois d'origine ou à peu près, resté de tout temps provincial , voué à l'Épttre laudative et à

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l'Élégie, d'une verve facile et un peu banale dans son harmonie coulante, Aimé De Loy. Il avait poussé son odyssée jusqu'au Brésil et en était revenu pour mourir pauvre en 1834. C'est à ce poëte, de pi us d'infortune et de m^lechance que de talent, qu'un jour M'"® Valmore adressa des vers insérés dans un keepsake, avec ces seules initiales : a m. a. d. l. — Mais A. D. L,, que pouvaient signifier de telles initiales à cette date, sinon le grand poëte régnant, Alphonse de Lamartine? Le keepsake lui étant tombé sous les yeux, Lamartine, en elfet, prit ces vers pour lui, et, à l'instant, il s'échappa de son sein une nuée de strophes ailées, un admirable chant et vraiment sublime, à la louange de son humble sœur en poésie. Il y avait des années déjà qu'il avait

noté et distingué entre tous l'accent particulier à M"« Valmore. Un jour (vers 1828) qu'il s'entretenait avec M. de Latour, comme celui-ci avait amené dans la conversation quelques noms contemporains de femmes poètes, Lamartine s'était écrié : « Mais il y a bien autre chose au-dessus, bien au-dessus de tout cela! Getle pauvre petite comédienne de Lyon... comment l'appelez-vous?... » Et lui-même avait aussitôt retrouvé le nom. Il lit donc cette admirable pièce qui commence avec grandeur, et où il montre le vaisseau de haut bord qui, dans l'orgueil du départ, se rit des flots et se joue même de la tempête; puis, en regard, la pauvre barque comme il en avait tant vu dans le golfe de Naples, une barque de pêcheur dans laquelle habite toute

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une famille, et qai, jour et nuit, lui sert d'unique asile et de foyer : le père et le fils à la manœuvre, la mère et les filles aux plus humbles soins. Mais il faut citer ces stances qui, pour nous désormais, ont tout leur sens et toute leur vérité. Remarquez que Lamartine ne connaissait qu'à peine et de loin seulement M™® Valmore; mais la divination du génie est comme une seconde vue, et du premier coup d'œil il avait tout compris de celte existence, il avait tout exprimé en images vivantes et dans un tableau immortel :

Ils n'ont, disais-je, dans la vie Que cette tente et ces trésors ; Ces trois planches sont leur patrie, Et cette terre en vain chérie Les repousse de tous ses bords !

En vain de palais et d'ombrage Ce golfe immense est couronné ; Ils n'ont pour tenir au rivage Que l'anneau rongé par l'orage De quelque môle abandonné !

Ils n'ont pour fortune et pour joie Que les refrains de leurs couplets, L'ombre que la voile déploie, La brise que Dieu leur envoie, Et ce qui tombe des filets !

Cette pauvre barque, ô Valmore !

Est l'image de ton destin.

La vague, d'aurore en aurore, Comme elle te ballotte encore Sur un océan incertain !

Tu ne bâtis ton nid d'argile

Que sous le toit du passager.

Et, comme l'oiseau sans asile,

Tu vas glanant de ville en ville Les miettes du pain étranger.

Ta voix enseigne avec tristesse Des airs de fête à tes petits, Pour qu'attendri de leur faiblesse, L'oiseleur les épargne et laisse Grandir leurs plumes dans les nids!

Mais l'oiseau que ta voix imite T'a prêté sa plainte et ses chants, Et plus le vent du nord agile La branche où ton malheur s'abrite.

Plus ton âme a des cris touchants !

Du poëte c'est le mystère ;

Le luthier qui crée une voix

Jette son instrument à terre,

Foule aux pieds, brise comme un verre

L'œuvre chantante de ses doigts;

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Puis d'une main que l'art inspire, Rajustant ces fragments meurtris, Réveille le son et l'admire, Et trouve une voix à sa lyre, Plus sonore dans ses débris M . . .

1. Je ne sais si cette manière d'essayer des stradivarius en les brisant et en les rajustant est tout à fait conforme aux règles du métier; un luthier en sait làdessus plus long que moi ; c'est dans tous les cas une belle fable à l'Amphion. Mais voici une image qui, moins noble, présente le même sens et se trouve d'une parfaite vérité. Le pommier, s'il pousse trop bien en pleine terre et avec une végétation trop luxuriante, ne donne que peu de fruits. Les habiles jardiniers le savent, et, pour le faire fructifier, ils plantent un coin de bois dans une de ses plus grosses racines et l'enfoncent bien avant : la sève s'écoule par là, et l'arbre donne toutes ses pommes. Le talent est comme le pommier : le poète, pour porter tous ses fruits, a besoin d'avoir reçu aux racines de la vie sa blessure. Les organisations trop heureuses sont sujettes à pousser tout en bois et en feuillage.

Ainsi le cœur n'a de murmures Que brisé sous les pieds du sort !

L'âme chante dans les tortures, Et chacune de ses blessures Lui donne un plus sublime accord ! .. .

Qu'ajouter à de tels accents? et combien aux années heureuses et innocentes, avant la politique, il lui a été donné de verser de semblables chants dans les âmes souffrantes, lui, le grand consolateur à qui il doit être tant pardonné! En même temps que cette pièce de vers, M""^ Valmore recevait la lettre que voici :

0 25 janvier 1831.

» Madame, » J'ai lu dans le Keepsake des vers de vous que j'ai voulu croire adressés à l'auteur des Harmonies poétiques. C'était un motif ou un prétexte que je ne vou-

lais pas laisser échapper, d'adresser moi-même un bien faible hommage à la femme dont l'admirable et touchant génie poétique m'a causé le plus d'émotion. Agréez donc, madame, ces stances trop imparfaites où j'ai essayé d'exprimer ce qu'une situation si indigne de vous et du sort m'a si souvent inspiré en pensant à vous ou en parlant de vous. Voyez-y, je vous prie, seulement, madame, un témoignage de profonde sympathie, d'admiration et de respect.

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