‹ Madame Desbordes-ValmoreChapitre 2 sur 95 · Article de la Revue encijclopédique · texte numérisé non relu

Article de la Revue encijclopédique

MADAMK DESIJUKUES-VALMdHK i.)

« .... Il y a longtemps, madame, que j'ai, — que j'ai lu — et que j'aime ce que vous avez publié. De toutes les femmes qui écrivent, vous êtes incontestablement aujourd'hui celle qui a le plus de sensibilité et de grâce. Les réputations des femmes sont quelquefois sujettes à un peu d'exagération, et c'est ce que je me disais involontairement, il y a quelque temps, en lisant les Poésies de Mme Dufrénoy, quia fait de très-jolies choses, mais qui en a fait trop peu, au moins pour le nom qu'on lui a voulu donner. Votre réputation , madame , est de meilleur aloi : vous vous élevez davantage et plus souvent ; vous avez de ces choses exquises qui sont à côté de tout, et vous savez revêtir d'une poésie dorée des élans de cœur qu'il est impossible d'oublier. 11 y a de l'esprit de reste en France, mais la vraie sensibilité y est beaucoup plus rare, et c'est là un de vos domaines. Que je suis heureux de pouvoir être si franc en étant si poli!... »

Et il mêlait à ses éloges quelques réserves

pour certains défauts de distraction ou de négligence. Tel était alors le sulïrage des bons esprits classiques, et je n'en fais pas fi quand il est à sa place et en son lieu. Telle forme de poésie, telle forme de critique.

Mais combien il restait à faire encore à l'aimable et touchante muse pour devenir celle de ses dernières poésies et de ses derniers chants, de ceux surtout qui n'ont paru que depuis sa mort M C'est la douleur constante et son aiguillon, le travail aussi, l'avertisse,-

1. Poésies inédites de M^^e Desbordes-Valmore, publiées par M. Gustave Révilliod, imprimées à Genève chez Jules Fick, 1860. — Et qu'on le sache bien, M. Révilliod n'est pas un éditeur^ c'est un ami des lettres, libéral et généreux, qui ne se fit éditeur, cette fois, que pour avoir le droit de mettre un prix aux Poésies posthumes d'une muse qu'il respectait et admirait

MADAMK bliSBOKUES-VAL.MURb: lO

mentde poètes plus mâles et à la grande aile, les exemples dont elle profita en émule et en sœur, un art caché qu elle trouva moyen de mêler de plus en plus à ses pleurs et à sa voix, qui opérèrent cette transformation sensible vers 1834 environ, et qui l'amenèrent sinon à la perfection de l'œuvre, toujours s'échappant et fuyant par quelque côté, du moins au développement et à l'entier essor des facultés aimantes et brûlantes dont son âme était le foyer. Veut-on mesurer tout d'abord la distance? En regard des premières poésies, qu'on mette le cri que voici et que j'ai dégagé des brouillons raturés; car il ne sera pas dit que ce premier article sur M""^ Valmore se passera tout en prose et sans qu'il y éclate une note

vibrante, à la Dorval ou plutôt à la Valmore,

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comme elle seule en avait. Celle noie rentre dans le thème qui lui était familier, — le déchirement d'un amour brisé, d'une blessure dont on craint de remuer et de rouvrir la prolondeur.

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