‹ Madame Du BarryChapitre 15 sur 23 · I.e Beau, sculp · texte numérisé non relu

I.e Beau, sculp

nir en embrassant les genoux de celui qui, malgré la grandeur de son sang, ne dédaignait pas de paraître aux siens? Elle en fit l'expérience peu de jours après.

no ANECDOTES SUR M"^' LA COMTESSE DU BARRY.

La cour était encore à Choisy lorsque M"^^ de Moyan et M""® la baronne Deldorf vinrent implorer la bonté du roi pour le comte et la comtesse de Louerme, dont elles étaient fille et bru.

Ils avaient été condamnés à avoir la tête tranchée pour rébellion à la justice et rien ne pouvait les sauver que la volonté du roi.

Aussi leurs enfants s'étaient jetés aux pieds du monarque qui demeurait inflexible, quand la belle comtesse, touchée de leur malheur, s'y précipita aussi en déclarant qu'elle ne se relèverait point que Sa Majesté eût accordé ce qu'elle demandait.

Le roi, ému, la releva en s'écriant :

— Madame, je suis enchanté que la première faveur pour laquelle vous me forcez soit un acte de justice.

Compiègne vit aussi M""® du Barry dans tout son éclat.

Ce n'était plus, comme le dernier voyage, la belle Lange, qu'on savait à peine exister dans le château, c'était une grande dame, l'amie, la confidente de son roi, qui, sans hauteur et sans morgue, paraissait au milieu de la cour comme si elle y avait passé sa vie.

Un camp qui s'était formé entre la ville et la forêt présentait un spectacle nouveau pour la favorite.

Elle y parut comme Armide dans celui de Bouillon; et combien de nos jeunes militaires auraient voulu mériter qu'elle les fît conduire dans les jardins enchantés! Tous eurent à se louer de son affabilité et de son extrême politesse.

Mais le régiment de Beauce fut particulièrement comblé de ses faveurs.

Le beau- frère de la comtesse, dont nous avons parlé au commencement de cette étude, et qui était connu sous le nom de 1' a Honnête Homme », était capitaine dans ce corps qui vint camper à Royal-Lieu.

M™® du Barry donna un repas splendide à tous les officiers et fit faire une abondante distribution aux soldats.

M. le comte de la Tour du Pin ne put se dispenser de faire rendre à la favorite les honneurs militaires. On pense bien que M. de Choiseul, ministre de la guerre, le trouva très mauvais. .

Il s'en expliqua ouvertement, mais son étoile pâlissait et M. de la Tour du Pin imagina qu'il valait mieux ménager la favorite, dont le crédit allait toujours croissant, qu'un ministre dont il était aisé de prévoir la disgrâce.

Aussi, beaucoup de femmes de la cour se rapprochaient de la comtesse.

On n'en comptait que trois qui s'étaient constamment refusées à lui rendre les plus simples devoirs de la société : j^j^mes ^Q Gramont, de Brionne et d'Egmont; toutes les autres dissimulaient au moins leur mécontentement.

Aussi la comtesse, se voyant une "cour nombreuse, pensa qu'elle ne devait plus abuser de la complaisance de M™^ de Béarn et lui écrivit la lettre suivante :

Lettre de M""' la comtesse du Barry

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