‹ Madame Du BarryChapitre 4 sur 23 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Ce n'était^ au reste, -point là un salon ouvert et de libre accès. Si l'on en croit la tradition, ce fut assez vite ime manière de cénacle, de -physionomie curieuse. Qu'on imagine un grand salon : une trentaine de fauteuils sont rangés en bon ordre le long des murs, chacun surmonté d'un portrait, et, au milieu de la pièce, une table supporte deux registres. Telle est la Paroisse, nom sous lequel les habitués désignent d'ordinaire le salon de M^^ Doublet. Chaque jour, à une heure fixée, chacun des paroissiens arrive, s'assied gravement dans un fauteuil, au-dessous de son propre portrait, et la causerie commence. Encore j-C est-ce point, à proprement parler, une causerie, mais plutôt une série de récits ; l'un vient du Parlement, un autre de Versailles, des Académies, des théâtres ou du Palais- Royal, apportant l'écho de ces mondes divers. Les nouvelles connues, discutées quant à leur origine et à leur certitude, l'un des paroissiens, Bachaumont à ce qu'on assure, les résume et les inscrit suivant leur degré de créance sur l'un ou l'autre des registres.

On sait que, dés iJ^S, en furent tirées des copies manuscrites qui couraient Paris, voire les provinces, parfois à la grande colère de l'autorité. Ce serait de ces registres qu'on aurait extrait, plus tard, le recueil publié sous le titre de Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des Lettres et plus connu sous le nom de Mémoires de Bachaumont. Ce dernier est-il réellement l'auteur des quatre premiers volumes, ainsi qu'on l'assure d'ordinaire ? C'est ce qu'il serait difficile d'affirmer. Aîi moins est-il assuré que, Bachaumont étant mort en ijji, ils furent publiés et continués par un commensal de la maison, Mathieu-François Pidansat de Mairobert.

C'est, en effet, dans ce milieu que Pidansat de Mairobert aurait grandi. Pourquoi, né à Chaource, d'une famille cham-

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