XII INTRODUCTION
qui va -par le monde et dans des lieux -publics^ contant les derniers bruits, débitant à tout auditeur complaisant des vers frondeurs et des chansons, laissant même très volontiers supposer qu'il en est Vauteur. Il est, pour avoir débité chez Procope tme pièce contre M^^ de Pompadour et assuré que la cour a ii'a d'autre plaisir qu'à dévorer le peuple », arrêté à J heures du matin, le 4. juillet 174c, fouillé et mis à la Bastille. On a trouvé sur Mairobert des poésies suspectes, mais on perquisitionne à son domicile, rue des Cordeliers, sans résidtat. Le lieutenant de police Berryer V interroge et, comme il se refuse à déclarer de qui il tient ces vers, on le laisse sous les verrous. Ce n'est qu'un an plus tard, le 2y juin ly^o, qu'un ordre, signé d'Argenson tout comme l'était la lettre de cachet, le rend à la liberté. Mairobert plonge à nouveau dans l'inconnu et ce n'est que près de quinze ans plus tard qu'on le retrouve, sollicitant la protection de M. de C hoiseul-Praslin (i).
Il assure le tout-puissant ministre qu'il a été, en 174c, fort injustement détenu à la Bastille, et appuie son dire du témoignage de M. Duval, alors secrétaire de la lieutenance de police. Au reste, son innocence a été plus que reconnue a par l'usage que le ministre daigna faire, dès ce tempSy de ses faibles talents ». Cela revient à dire que Pidansat est, depuis 17^0, employé par la police et désire un emploi plus relevé. M. de Chois eul ne paraît pas pressé de satisfaire son ambition et il propose à l'abbé de Yoisenon, un des paroissiens et qui s'est entremis, d'envoyer Pidansat comme écrivain au port de Rochefort. Quelques mois après, Pidansat est nommé au poste recherché de secrétaire du roi. A quelles sollicitations ou à quelle arrière-pensée obéit
(i) Lettre du 11 juillet 1764 à M. le duc de Choiseul. Archives du ministère de la Marine. Cette lettre nous a été obligeamment communiquée par notre éminent confrère, M. Maurice Tourneux.