XIV INTRODUCTION
Cest beaucoup dire. Grimm, qui est un juge avisé, écrit, au contraire, de ce livre qu'il approche de la vérité, qu'il donne un portrait fidèle de M""® dît Barry, « cette femme dcHice, simple, hisouciante, légère, guidée souvent par un instinct assez heureux et mêlant, avec moins d'art que d'ingénuité, la décence à Vétourderie, V inconséquence à la bonté. » Cest, en effet, V image de la favorite qu évoque Vœuvre de Pidansat. L'auteur, bien loin que d'être haineux, raconte plus qu'il ne juge et écrit sur un ton d'enjouement qui n'est pas simulé. Son livre n'est, à y regarder de près, que le reflet de l'opinion des contemporains informés.
Âf™^ du Barry ne fut point populaire, en dépit qu'en ait M. Vatel, qui fut presque amoureux de son héroïne et céda, en sa tentative apologétique, à des sentiments chevaleresques. Ce que les contemporains, jusque-là très respectueux du trône, ne purent adm,ettre, c'est que Louis XV ait été, durant des années, esclave d'une passion qu'ils jugeaient dégradante. Certes, en un siècle léger et en notre pays de France, il ne déplaît pas quun prince ou qu'un roi soiejît galants, tout au contraire, mais on exige d'eux qu'ils sachent choisir. Rien ne sert d'ergoter sur les origines de M"^^ du Barry : elle fut très authentiquement la fille naturelle d'une cuisinière et probablement d'un moine paillard. H est puéril de votdoir témoigner qu'elle ne fut point une fille publique : qu'importe jusqu'où est descendue une femme qui s'est notoirement vendue à qui la pouvait payer ? C'est cette fille pourtant que le roi de France a imposée à la cour, logée dans V appartement de Mesdames, à qui il a donné le pas sur ses petit s- enfant s. Les favorites sont jugées, en général, avec peu de justice, parce que, appartenant de toute nécessité à un parti, on les soupçomie d' en épouser les passions. M^^ du Barry a subi le commun des-