‹ Madame Du BarryChapitre 9 sur 23 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

tin. Si son inipopitlarité a été générale ^ cela tient à plusieurs causes. Outre qu'elle a causée au moins en partie^ la déchéance de la royauté^ clic s'est trouvée^ malgré qu'elle en ait eu, en opposition avec C h ois cul , le seul ministre populaire du régne. Derrière elle, se sont groupés au contraire les d'Aiguillon, les Maupeou, les La Yauguyon, tous les cJiefs du parti absolutiste et jésuite, honni de l'opinion.

Il se trouve ainsi que la femîne la moins soucieuse de politique et qui n'eut d'autre souci que d'être belle et de plaire, fut le bouc émissaire des fautes et des crimes de la monarchie. Aujourd'hui, au recul des années, on peut lui rendre cette justice qu'elle ne méritait point l'insulte : le coupable n'était pas elle, mais le roi. Bien mieux, pour être tout à fait juste et si l'oit ne peut l'estimer vraiment, on ne peut la juger indigne de sympathie. Elle fut jolie et très douce, ignorant la haine et volontiers secourable, sans orgueil et, aux heures même de son triomphe, simple et naturelle. Elle a eu une fin doidoureuse, ayant gardé le goût de la vie après être morte à l'amour, ignorant que pour ses pareilles il n'est de belles destinées que celle de la petite danseuse antique : plaire et mourir.

Donnons-lui un regret, mais point de larmes : la tempête révolutionnaire a abattu de plus hautes et de plus nobles tètes.

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