I.E .«ARQUIS
A la bonne heure, cela vous regarde plus que moi. Eh bien! madame, (Avec un peu d'ironie, ces sciences, ces tiavaux auxquels vous vous consacrez exclusivement vous ont-ils fait faire quelques découvertes nouvelles?
M""^ DU CHATELET
Ce sujet vous intéresse peu, monsieur; et jesup. pose qu'un objel plus important vous a ramené dans ce château.
LE .MARQL'IS.
J'y suis venu pour m'inslruire à fond d'une affaire assez einbarrasée, et qui me semble à piésent moins claire que jamais.
VOLTAIRE, bas à M"" du Chàtelet.
Voyez-vous? Il prend le change.
M™^ DO CHATELET, avcc une sorte de dédain.
Et celle affaire me sera-t-elle communiquée?
LE MARQUIS
C'est selon. Depuis combien de temps avonsnous l'avantage de posséder à (lirey M. de Saiîil- Lambert ?
M""' DU CHATELET
Depuis cinq jours seulement.
LE MARQUIS, haut.
Cinq jours! (.\ part.) Ce n'e^t pas lui.
VOLTAIRE
Pendant ce lemps, j'ai achevé le mémoire poui votre avocat; car Sainl-Lamberl ayant sans cesse à consulter madame...
LE MARQUIS, à part.
Ah! c'est peut-être lui.
VOLTAIRE
Et si vous voulez en venir prendre connaissance, nous laisserons Saint-Lambert et M'°<> la maïquise achever ce qu'ils ont commencé : je gagerais que nous les avons dérangés.
LE MARQUIS , à pari.
Allons, décidément c'est lui : et j'étais un sol (le soupçonner Voltaire.
«■"e DO CHATELET, à part.
Chacune de ses paroles me met à la torture. (Elle va s'asseoir, et prend un livre )
SAINT-LAMBERT, à part.
Que va de\cnir tout cela:'
LE .MARQUIS, bas à Vollairp.
Mais, mon ami , regardez-les donc. Le diable m'emporte si c'est de sciences qu'ils s'occupaient ! VOLTAIRE, à part.
Il est pris! (A demi-voi\ au marquis ) Allons donc, monsieur le marquis , quelles idées a\e/- \nus? ri donc! un homme de qualité !
LE MARQUIS, de même.
Mais enfin c'est ma femme!
voLTAïui;, de même.
Raison de plus ! (.\ part.) Nous sommes sauvés.
DUBOIS, entrant.
Un homme (iaffaires désire parler a inoii-ieur le marquis.
r.K MARQUIS.
T'iniinenl ! a peine arrivé...
■l IIIHKI.IIT.
Fi
DUBOIS
Il (lit que c'est pour un objet important.
LE MARQCIS.
J'y vais. (Dubois sort.— A Voltaire.) Je ne voudrais pourtant pas les laisser ainsi.
VOLTAIRE, à demi-voix.
Je crois que vous êtes dans l'erreur ; mais, .'i vous avez quelque crainte, je vais rester avec eux. LE MAUQUIS, de même.
Excellent ami! ne les quittez pas.
VOLTAIRE , le fondiiisaril.
Comptez sur moi.
(Pendant qu'il va jusqu'au fond en parlant bas au marquis, Saint-Lamberl s'est rapproché de M'"« du
Chàlelet.)
SAINT-LAMBERT, à demi-voix.
A vez-vous oublié ma prière ? Cette bague...
M""^ ou CHATELET, de même.
Oh ! jamais ! jamais !
COCCCOOOOOOOOOOOOOOOCOOCCOOOOOOOOOÛOOOOOOOCOÛOOOOOOO