DÉLABREMENT DE MONTREUIL
» donné cette année, dit le régisseur, après avoir aligné la maigre recette de foin et d'avoine de la ferme délabrée; « dans les potagers, les espaliers ont man- » qué au printemps ; il n'est resté que quelques pêches » de mauvaise qualité, et des raisins qui sont mangés » par les oiseaux et les insectes. D'ailleurs, la récolte » ne peut excéder, dans une bonne année, la valeur de » 450 livres, les arbres étant très vieux. »
« ... La maison est en très mauvais état et suscep- » tible de fortes réparations. . . Les murs de clôture » ont le plus grand besoin d'être récrépis, pour dé- » truire les insectes et conserver le fruit des espa- » liers. » L'orangerie est moins abandonnée, grâce auxsoins du bon voisin Le Monnier. Mais un terrain desdiné à servir de jardin botanique « est envahi par les ronces. » Deux ans plus tard, d'autres envahisseurs que les broussailles se plaindront de ne trouver que « décombres » dans « la Maison Elisabeth. » La basse-cour, si belle en 1789, est singulièrement diminuée. Il reste « cinq vaches, un cheval et quelques » poules. » Trois chiens de garde sont conservés comme étant de grande utilité contre les voleurs. Un de ces fidèles défenseurs absorbe « six livres de pain » par jour. » Un dernier détail est plus expressif encore : le régisseur a cherché à tirer parti d'une maison de dépendance abandonnée, en la mettant en« location ou en vente, et n'a pu réussir, en raison da mauvais état de la propriété (1).
(1) Rapport de Gazard, commis de l'administration du district de Versailles. Documents relatifs à la maison Elisabeth. Beauchesne, pièces justificatives.