‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 108 sur 284 · LES SERVITEURS DE MONTREUIL · texte numérisé non relu

LES SERVITEURS DE MONTREUIL

Quant aux serviteurs de Montreuil, ils ne paraissent pas souffrir encore du dénuement de leur maîtresse.

Aussi nombreux qu'autrefois, ils reçoivent les mômes gages. Sulleau, concierge ; Fleury, garçon tapissier; la veuve Du Coudray, lingère et femme de charge ; la demoiselle Simon, ouvrière ; Marie, laitière; Jacques Bosson, vacher ; Coupry, maître jardinier ; puis des balayeurs, desfrotteurs, des gardes bosquets, etc. Tous ces braves gens, dont Madame Elisabeth disait... « ils ont l'air de m'aimer toujours. • . ils ne sont » pas bien mal, » avaient leur part dans le ravage attribué aux insectes, et dans le maraudage de la pêche de la petite rivière du parc, à en croire certains rapports de quelques austères citoyens du voisinage. Peut-être la bonne Princesse s'en doutait-elle un peu ? Mais, à pareille époque , on ne s'inquiétait guère de ces peccadilles ! D'ailleurs, elle s'accoutumait à renoncer à tout ce qu'elle avait aimé, et à subir froidement les vexations et les misères de l'existence qui devenait son lot. Sa vie , partagée quelques années avant entre les brillantes résidences de Marly, de Fontainebleau , de Versailles , de Trianon , animée par des fêtes le soir, par les chasses royales le matin, s'écoulait maintenant étroite et monotone entre les murs des Tuileries, dans un appartement de quelques pièces, où elle avait rassemblé les débris des splendeurs évanouies. Là, devant le piano de Montreuil, entourée de ses livres préférés, de ses fleurs favorites, de quelques joyeux oiseaux, résignés comme elle à se plaire dans la cage dorée où ils chantaient, Madame Elisabeth retrouvait encore d'heureux moments, un calme occupé qui lui permettait de réfléchir

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