LE JOURNAL. — COURAGE DU CLERGÉ
sans se perdre dans cette rêverie de l'avenir humain, si chère à la jeunesse et si funeste aux êtres solitaires et oisifs. De là cette inaltérable sérénité, qui eût semblé venir d'un cœur léger et d'une âme imprévoyante, si elle n'eût puisé son origine à la source même de la paix du ciel.
Février 1791 . — ... « Lorsque Jésus-Christ fut trahi, » abandonné, il n'y eut que son cœur qui souffrit de
tant d'outrages. Son extérieur était calme et prou- » vait que vraiment Dieu était avec lui. Nous devons » l'imiter, et Dieu doit être en nous. . . Adorons donc » en paix les décrets de la Providence, sans nous » permettre de porter nos regards sur un avenir » affreux pour quiconque ne voit qu'avec des yeux » humains (1). o
12 février. — ... « On a déclaré hier à l'Assemblée, » que tout prêtre qui n'aurait pas prêté serment ne » pourrait prêcher. . . Il faut remercier Dieu du courage » qu'il accorde au clergé : on en raconte chaque jour » des traits admirables. La main de Dieu ne peut être j> méconnue que par des impies qui la craignent, w parce qu'ils l'ont trop offensé. Ah ! s'ils pouvaient, » au lieu de cela, élever leurs cœurs vers lui et avoir » confiance dans sa miséricorde ! Mais non ! ce n'est » point une grâce que nous méritions encore. Nous » sommes destinés à fléchir la colère de Dieu. »
1S5 février, — « Je vais monter à cheval aujour- » d'hui, avec la Reine et Lastic, à ce triste bois de » Boulogne. Il fait un si beau temps, que cela le ren- *> dra peut-être un peu plus gai. Je crois l'hiver tout
(1) A Mme de Raigecourt. Coll. F. de Conches, p. 237.