‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 110 sur 284 · LE JOURNAL. — DÉPART DE MESDAMES · texte numérisé non relu

LE JOURNAL. — DÉPART DE MESDAMES

» à fait passé, et je m'en réjouis autant que Ton peut » prendre part au printemps dans le château des » Tuileries (i). »

Même jour. — « Mes tantes partent de lundi en » huit, malgré les motions faites au Palais-Royal et » au club des Jacobins établi à Sèvres. On dit qu'elles » seront arrêtées et fouillées en chemin. C'est un petit » mal auquel je ne crois pas. Je pense que cela a été » dit pour les effrayer et les empêcher de partir. »

La nouvelle du départ de Mesdames, redouté de l'Assemblée à cause de la réputation de bienfaisance dont elles jouissaient, était accueillie avec joie par les émigrés. Le motif du départ des deux princesses était l'impossibilité de continuer à pratiquer la religion catholique en France. Elles pressèrent vivement Madame Elisabeth de les accompagner, et les amies émigrées de la princesse ne doutaient pas qu'elle ne cédât à leurs conseils. Elle refusa. Il v eut, à cette occasion, divers propos tenus contre son obstination dans les sociétés d'émigrés de Trêves et de Venise. Il devenait difficile, à certaines personnes, de s'expliquer comment une princesse aussi pieuse et aussi attachée au catholicisme, tenait à demeurer à Paris dans de pareilles circonstances. Les mots de devoir méconnu, d'honneur mal compris, furent prononcés. AMmode Raigecourt, qui dut lui laisser connaître cette opinion de son entourage, Madame Elisabeth répondit par ces simples paroles: « Quand à ce que tu me marques sur » moi, crois, mon cœur, que je ne manquerai jamais » à l'honneur, et que je saurai toujours remplir les

(1) A Mme de Raigecourt. Coll. F. de Conches, p. 235.

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