LE JOURNAL. — JOURNÉE DU 28 FÉVRIER
» obligations que m'imposent mes principes, ma po- » sitlon, ma réputation. Et j'espère que Dieu me » donnera la lumière nécessaire pour me conduire » toujours sagement, et ne pas m'écarter de la voie » qu'il m'a tracée. » Faisant ensuite allusion au mécontentement excessif des émigrés contre Louis XVI, elle ajoute : « Pour juger de tout cela, mon cœur, il » faudrait être près de moi. De loin, un acte de che- » valerie enchante ; vu de près, il n'est souvent qu'un » mouvement de dépit, ou de quelque autre senti- » ment qui ne vaut pas mieux aux yeux des plus » sages. »
28 février. — « Mes tantes sont parties, et ont été » arrêtées à Arnay-le-Duc. Mardi dernier, Monsieur a » eu la visite des filles de la rue Saint-Honoré et de » leur société, qui l'ont prié de ne pas sortir du » royaume. Jeudi dernier, jour où l'on a appris que » mes tantes étaient arrêtées, l'Assemblée a rendu un » décret qui disait qu' Arnay-le-Duc avait eu tort, et » que le pouvoir exécutif serait supplié de donner des » ordres pour qu'elles pussent continuer leur route. » Les chefs des Jacobins n'étaient pas de cet avis. » Voulant que le président engageât le Roi à les faire » revenir, une foule de badauds s'est portée sous les » fenêtres du Roi. Parmi cette foule, il y avait une » centaine de femmes, qui se sont égosillées, pendant » quatre heures, pour voir le Roi et lui faire la même » demande que les Jacobins. Le Roi n'a pas paru, et » la garde a fait très bonne contenance. Il a bien fallu, » lorsqu'on a eu la permission de la municipalité de » repousser la force par la force, que le peuple cédât. » A peine le tambour a-t-il paru sur la terrasse, que