‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 112 sur 284 · LE JOURNAL. — VENTE DES BIENS DE SAINT-CYR · texte numérisé non relu

LE JOURNAL. — VENTE DES BIENS DE SAINT-CYR

» tout le monde a pris la fuite. M. de La Fayette et » la garde se sont conduits parfaitement bien. Le

» château était comble de gens qui étaient pleins de » bonne volonté. Le Roi a parlé avec force à M. Bailly. » Enfin, tout s'est passé le mieux du monde. Aussi » bien, n'y a-t-il jamais eu tant do monde chez le Roi » et chez la Reine. Il y avait longtemps que nous » étions un peu seules au jeu ; mais, hier, il était » superbe. Je ne puis rendre le plaisir que j'ai éprou » vé. Ah ! le sang français est toujours le même ! On » lui a donné une dose d'opium bien forte, mais » elle n'a pas attaque le fond de leur cœur. Il n'est » point glacé, et l'on aura beau faire, il ne changera » jamais. Pour moi, je sens que, depuis trois jours, » j'aime ma patrie mille fois davantage (1). »

Même jour. . . « Notre pauvre Saint-Cyr est plus »> que jamais dans la position la plus critique. On )> vend leur bien. Mme de Mackau y a été la semaine » passée. Moi, je profiterai d'un jour calme pour y » aller. J'en ai envie, et cela me coûtera horriblement. «> Il n'y a rien de pis que de n'avoir aucune consola- » tion à présenter à des gens aussi malheureux. »

L'administration des biens de la maison de Saint- Cyr avait passé aux directoires de districts du département de Seine-et-Oise. Les terres furent acquises, en stvrii 1791, par le chimiste Lavoisier, par le duc de Luynes et par la comtesse de Beauharnais. Les élèves continuèrent cependant à habiter le monastère, où Madame Elisabeth ne se rendait plus que rarement et «n secret. Parmi les jeunes personnes qui recevaient

ii) A Mme de Bomhelle9. Coll. F. de Conches, p. 241.

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