‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 114 sur 284 · INQUIÉTUDE DE MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDE DE MADAME ÉLISABETH

» devoir attaché à cette démarche. Voilà ce qui a » dicté ma conduite. . . Dans les pays étrangers, on »> est bien sévère pour nous. Nous le méritons bien. » Mais les Français qui y sont retirés sont pour la » plupart bien exagérés, et tant que, de part et *> d'autre on le sera , le diable se mêlera toujours de » nos affaires. Voilà ce que je crains fort. »

48 mars. — « Je suis infiniment inquiète du parti » que va prendre mon frère (le comte d'Artois). Je » crains que les conseils sages qui lui ont été donnés » ne soient pas suivis. Le peu d'ensemble, d'accord » qu'il y a dans toutes les personnes qui devraient » être liées d'une façon indissoluble, tout me fait » frémir (1). »

Ainsi, dans l'esprit juste et net de Madame Elisabeth, la vérité, la terrible vérité sur la situation du Roi en France, des princes en Allemagne, se réflétait avec une cruelle exactitude. Parfois une ovation passagère dans un théâtre, une affluence inaccoutumée au cercle de la Reine venaient lui apporter quelques illusions. Mais le raisonnement reprenait bientôt ses droits et lui montrait l'abîme vers lequel l'entraînait son dévouement à ce Roi, à ce frère malheureux sur lequel pesait un destin fatal. Ramenée à ses anxiétés, n'osant les conûer à ses parents, elle ne voyait le salut d'aucun £ôté, et tombait au pied du Christ, la seule consolation qui ne lui fît jamais défaut. Une autre affliction troublait encore son âme, et explique la sombre tristesse de ses correspondances à cette époque. Mesdames em menaient en Italie l 'abbé Madier, confesseur de Madame Elisabeth

(1) A Mme de Raigecourt Coll. F. de Conches, p. 251.

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