APPARTEMENT DE MADAME ELISABETH A VERSAILLES
Tours, ses commodes plaquées de bois de rose et de violette, à portants et chaussons de cuivre doré, à dessus de marbre brèche d'Alep. Au milieu de la salle est une table avec un bel écritoire d'argent. De cette pièce , où Ton dresse la nuit , derrière les paravents, les lits de veille des femmes de service, on passe dans le cabinet ou chambre des nobles. Ici le meuble est de damas de Gênes garni de franges d'or. Il y a douze ployants de velours de soie cramoisie. Dans les encoignures sont des consoles de marqueterie et de bronze doré. La cheminée est immense. Les feux, les girandoles, les bras sont du même style que la pendule en marbre blanc, qui représente un portique d'architecture orné dans la frise de trois bas-reliefs, l'un caractérisant la Paix , l'autre l'Abondance, le troisième la Gloire, sous les traits d'Henri IV. C'était cette salle qui précédait la chambre à coucher. La voilà, toute tendue de velours de soie rouge et de tapisseries de Beauvais. Le lit à la duchesse occupe le milieu, avec ses pentes, ses bonnes grâces, ses rideaux, ses cantonnières, ses bouquets de plumes et d'aigrettes, ses carreaux, ses courtes-pointes et ses marchepieds. Au fond de la chambre, brille une commode de marqueterie à dessus de marbre vert de Campan. Ensuite venaient le grand cabinet en gros de Tours blanc et bleu, la salle de billard et le boudoir , délicieuse petite pièce dont les fenêtres donnaient sur l'étang des Suisses et sur l'avenue de Saint-Cyr.
Chaque soir cet appartement, enrichi d'objets d'art, de tableaux signés des plus grands maîtres, s'illumine de l'éclat des lustres et des torchères. Un personnel de cent quatre-vingts personnes ayant charges de cour