‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 125 sur 284 · LE ROI RECONNU PAR DROUET · texte numérisé non relu

LE ROI RECONNU PAR DROUET

)> m'éloigne pour ne donner aucun soupçon. » Il passe auprès de M. de Moustiers et ajoute plus bas encore : « Partez, pressez-vous. Tout est perdu, si vous ne vous » hâtez ! » Cet officier était le capitaine d'Andoins et avait été un moment prisonnier de la population, alarmée par les mouvements de troupes arrivées trop tôt.

Pendant que s'activent les préparatifs, Louis XVT, inquiet et imprudent, met plusieurs fois la tête à la portière. La Reine s'aperçoit que le maître de poste Drouet regarde attentivement le Roi, et compare ses traits à ceux de la figure gravée sur un assignat qu'il tient à la main. Madame Elisabeth obser ve aussi ce geste et frissonne en serrant la main de la Reine. Mais on part et l'espoir renaît avec le mouvement. Nul ne voit un homme à cheval, qui n'est autre que Drouet, s'engager au grand trot dans des chemins de traverse menant aux postes prochaines plus rapidement que la grande route.

A Clermont, nouveau relai. Point d'escorte. Les postillons ral en tissent , malgré les ordres et quoique la route soit unie et le temps léger. La nuit était venue lumineuse et calme. Un cahot réveille les enfants qui s'informent de l'heure. Minuit allaient sonner. Les ombres noires du clocher d'une petite ville isolée au milieu des terres inclinées de l'Argonne s'estompaientsur l'horizon tranquille. « C'est Varennes, dit Louis XVI aux prin- » cesses. Voici, à l'entrée la maison, où doit se trouver » le relai. »

Varennes atteint, les voyageurs se croyaient sauvés. Ils l'eussent été en effet, sans des incidents inexplicables,

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