RENCONTRE DES DÉPUTÉS ET DU ROI
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» Reine , Madame Elisabeth paraissaient vivement » émues, éplorées. « Messieurs, dirent-elles avec préw cipitation, les larmes aux yeux, messieurs l Ah ! » M. de Maubourg, en lui prenant la main, en grâce ! » Ah ! monsieur, prenant aussi la main à Barnave, ah ! j> monsieur ; madame Elisabeth, appuyant seulement » la main sur la mienne, qu'aucun malheur n'arrive, » que les gens qui nous ont accompagnés ne soient » pas victimes, qu'on n'attente pas à leurs jours ! Le » Roi n'a pas voulu sortir de France ! — Non, mes- » sieurs, dit le Roi en parlant avec volubilité, je ne » sortais pas, je l'ai déclaré. Gela est vrai. »
» Cette scène fut vive, ne dura qu'une minute ; mais » comme cette minute me frappa ! Maubourg réponi> dit ; je répondis par des ah ! par des mots insigni- » fiants et quelques signes de dignité sans dureté, de » douceur sans afféterie, et brisant cecolloque, prenant » le caractère de notre mission, je l'annonçai au Roi » en peu de mots, et je lui lus le décret dont j'étais » porteur. Le plus grand silence régnait dans cet » instant.
» Passant de l'autre côté de la voiture, je demandai » du silence. Je l'obtins, et je donnai aux citoyens » lecture du décret ; il fut applaudi. x>
Pendant que Pétion s'acquittait de sa lecture, M. de LaTour-Maubourg avait attiré Mme de Tourzel à l'écart et, dans un court entretien, il la chargeait de dire au Roi que, bien qu'il fût convenu que les commissaires devaient aller successivement dans la voiture de Sa Majesté, il la priait de permettre d'y laisser MM. Pétion et Barnave ; il ajouta que € la vue de la famille royale » fera sur leur esprit une impression favorable et dont