PÉT10N ÉTUDIE LA FAMILLE ROYALE
» elle pourra tirer parti ; que ce conseil est dicté par » son attachement pour la personne du Roi, et que, » pour lui, il se bornera à accompagner les femmes » de Mgr le Dauphin et de Madame (1). »
Mme de Tourzel transmit rapidement à Madame Elisabeth la commission de M. de La Tour-Maubourg, et les deux députés prirent place dans la berline. « Le Roi, » la Reine, le Prince Royal, continue Pétion, étaient » dans le fond ; Madame Elisabeth, Mme de Tourzel et » Madame sur le devant. La Reine prit le Prince sur » ses genoux. Barnave se plaça entre le Roi et la Reine. » Mmode Tourzel mit Madame entre ses jambes, et je » me plaçai entre Madame Elisabeth etMme de Tourzel. » Nous n'avions pas fait dix pas qu'on nous renouvelle » les protestations que le Roi ne voulait pas sortir du » royaume, et qu'on nous témoigne les plus vives in- » quiétudes sur le sort des trois gardes du corps qui » étaient sur le siège de la voiture. Les paroles se » pressaient, se croisaient ; chacun disait la même » chose; il semblait que c'était le mot du gué ; mais » il n'y avait aucune mesure, aucune dignité dans cette » conversation, et je n'aperçus surtout, sur aucune des » figures, cette grandeur souvent très imprimante (sic) » que donne le malheur à des âmes élevées.
» Le premier caquetage passé, j'aperçus un air de » simplicité et de famille qui me plut : il n'y avait plus » là de représentation royale ; il existait une aisance » et une bonhomie domestique. La Reine appelait » Madame Elisabeth ma petite sœur. Madame Elisabeth » lui répondait de même. Madame Elisabeth appelait
(i) Mémoires de Mme de Tourzel, I, 335.