LA FAMILLE ROYALE A LA FE RTÉ-SOUS-JOUARRE
ilexion deux ans après, lorsque, traqué à son tour par les républicains, dans les déserts des Landes, il tomba de faiblesse à l'entrée d'un bois, où des loups l'égorgèrent et se rassasièrent de ses restes ensanglantés.
De la petite ville de Dormans, on arriva à la Fertésous-Jouarre. « Là, continue Pétion, nous trouvâmes » un grand concours de citoyens qui criaient : » Vive la Nation I vive l'Assemblée nationale 1 vive » Barnave ! vive Pétion ! J'apercevais que ces cris » faisaient une impression désagréable à la Reine, » surtout à Madame Elisabeth. Le Roi y paraissait » insensible, et l'embarras qui régnait sur leurs figures » m'embarrassait moi-même. Le maire de La Ferté- » sous-Jouarre nous avait fait prévenir qu'il recevrait » le Roi, et le Roi avait accepté cette offre. •
Cette fois, le narrateur fut privé du plaisir de voir humilier la famille royale. M. Regnard, maire delà ville de La Ferté-sous-Jouarre, avait prévu tout ce qui pouvait adoucir la situation des voyageurs, pendant les heures qu'ils devaient passer dans sa maison. Ils trouvèrent des appartements frais, un diner simple et bon, les plus touchants égards. Mm0 Regnard reçut la Reine vêtue en servante, et comme Marie-Antoinette lui demandait si cette charmante habitation avait une maîtresse? « Je l'étais, Madame, répondit-elle, avant » l'entrée de votre Majesté 1 » M. Regnard s'approcha de Mm0 de Tourzel et la pria de dire à Louis XVI qu'il n'osait lui témoigner ouvertement les sentiments qu'il éprouvait ; qu'il la suppliait de vouloir bien les interpréter ; qu'il s'occupait par nécessité des commissaires de l'Assemblée, mais que son cœur était tout à son Roi. « Ce fut, ajoute le même récit, le seul endroit de